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Avec la sécurité alimentaire et la résilience des systèmes de production qui sont assurées grâce à la valorisation des ressources en eau pour la production, du savoir-faire local en technique bio et l’accroissement des revenus, un changement radical s’est amorcé aujourd’hui pour les populations des communes de Djignaky et de Sindian.

Les communes de Djignaky et Sindian, situées dans le département de Bignona, entrevoient l’avenir avec assurance. Le Programme Karoghen 2, participant ainsi au processus de paix en enrôlant la population, les couches vulnérables, dans des activités génératrices de revenus afin de leur fournir des moyens d’existence, est en train d’augmenter l’emploi rural et de réduire la pauvreté. Aujourd’hui, toute l’énergie des femmes du Sindian et de Djignaky est canalisée de manière productive pour le bien des ménages, de l’éducation de leur progéniture, de la prise en charge des questions de santé, de l’amélioration et de la qualité de leur alimentation. Avec ce programme Karoghen 2 qui promeut le développement humain équitable et durable, les femmes sont accompagnées dans des activités consacrées à la production de spéculations qui répondent à leurs besoins. Un nouveau plan de développement par l’agriculture a démarré il y a deux et demi et s’est matérialisé par l’installation, la réfection et l’équipement dans les 44 villages de Djignaky et de Sindian d’une quarantaine de périmètres maraîchers, d’une quinzaine de fermes avicoles et la dotation d’une vingtaine de charrettes pour le transport de marchandises. Sans oublier l’accompagnement des productrices depuis la mise en place des pépinières jusqu’à la récolte et la vente des produits, depuis la mise en place des sujets jusqu’à la production et vente des œufs, des poulets ou des agneaux. Un coup de pouce qui se doublera de formations en sécurité alimentaire de près de 600 femmes d’une quarantaine de groupements féminins, la sensibilisation des villages bénéficiaires sur l’importance de la nutrition et la sécurité alimentaire, l’alphabétisation en langue locale, etc. L’objectif étant d’améliorer les revenus des ménages et le bien-être des familles en milieu rural. Du coup, toutes ces contraintes qui confinaient les femmes de ces contrées dans des activités précaires, les maintenant dans le cercle vicieux de la pauvreté et de la dépendance économique, sont aujourd’hui transformées en opportunités. Cela a été rendu possible grâce au dynamisme des femmes de Djignaky à travers leurs groupements pour la réalisation de leurs projets et une meilleure prise en charge de leurs préoccupations. De Baranlir à Djignaky, en passant par Djinone et Balonguine, les femmes sont aujourd’hui en passe d’éradiquer la pauvreté au niveau de leur localité et d’assurer leur sécurité alimentaire grâce au développement de leurs activités génératrices de revenus durables.
Dans la zone enclavée de  Baranlir où les femmes exploitent un périmètre de 2 ha, les clients en fruits et légumes, loin d’être découragés par l’état cahoteux de la piste qui démarre au niveau de la Rn5 distante d’une quinzaine de km, trouvent aujourd’hui un marché d’approvisionnement de produits bio de qualité. Des produits qui inondent également les marchés de Bignona, ses environs et de la Gambie. «Nous avons de quoi assurer notre consommation quotidienne, assurer l’éducation de nos enfants et les problèmes de santé de nos familles. Et cela, grâce aux revenus tirés de la vente de notre production», confie d’ailleurs la présidente du groupement féminin de Baranlir. Célina Badji dont le groupement regroupe plus de 70 femmes et de filles mères, victimes de grossesses précoces et n’ayant pu poursuivre leurs études, estime en outre que toute leur énergie est aujourd’hui orientée vers le développement socioéconomique local grâce à ce programme qui a fini de leur garantir les moyens de subsistance. En plus d’occuper les élèves victimes de grossesses précoces qui se retrouvent dans les blocs maraîchers, ce programme, de l’avis du principal du Cem de Baranlir, impacte positivement les apprentissages des élèves de la localité. «Avec les fruits et légumes tirés du bloc maraîcher, les enfants bénéficient d’une alimentation saine et de qualité. Cela a également une incidence sur les performances scolaires avec une baisse de la fréquentation au niveau du poste de santé, car les élèves vivent bien», martèle Mamadou Diallo. Selon Téning Sonko, la vice-présidente du groupement féminin de Balonguine, les revenus tirés des activités générées par leur production dans leurs blocs maraîchers permettent de subvenir aux besoins de leur ménage et de participer à l’effort de reconstruction de leur village. «Et aujourd’hui grâce à ce projet et à la formation, nous maîtrisons les techniques de conservation des produits et la tenue de nos comptes de caisse et de cotisations», confesse-t-elle. Des femmes devenues sans conteste des actrices du développement socio-économique local qui ont accueilli positivement ce programme et qui aujourd’hui trouvent un moyen de s’attaquer à la pauvreté, source d’instabilité sociale.

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