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En sit-in hier devant le Palais de justice de Dakar, le Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust) a dénoncé les lenteurs notées dans la mise en œuvre des engagements pris par le gouvernement. Me El Hadji Ayé Boun Malick Diop et ses camarades accusent Ismaïla Madior Fall d’être à l’origine du blocage.

A l’Assemblée nationale, il y a quelques jours, le ministre de la Justice, parlant des accords signés entre le gouvernement et le Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust), reconnaissait qu’il «y a quelques lenteurs dans la mise en œuvre» des accords conclus avec les travailleurs de la justice. Ismaïla Madior Fall est accusé par le Sytjust d’être à l’origine du blocage par rapport à la réalisation des engagements du président de la République. Selon le Secrétaire général, «nous avons constaté que depuis que les projets de texte ont été finalisés, il les a par devers lui et ne les transmet pas pour la signature du président de la République. A chaque fois que nous l’interpellions, il nous sert des explications d’une vacuité terrible, des explications désincarnées qui ne peuvent même pas convaincre un enfant». Me El Hadji Ayé Boun Malick Diop va plus loin : «Pis encore, il y a un autre fait majeur. Lorsque le président de la République a donné instruction au ministre du Budget pour voir dans quelle mesure le gouvernement sera capable de satisfaire les doléances des travailleurs de la justice, le ministre du Budget avait inscrit un montant de 5 milliards de francs Cfa sur le budget du ministère de la Justice. C’est notre ministre lui-même qui est allé voir le président de la République, de sources sûres, pour lui dire que le montant alloué aux travailleurs de la justice est excessif et qu’il fallait revoir ça à la baisse. Aujourd’hui, notre principal adversaire, c’est le ministre de la Justice.»
Après avoir accusé leur ministre de tutelle, le Sg du Sytjust a tenu Macky Sall comme le seul responsable qui jusqu’ici n’a pas respecté ses engagements. Aujourd’hui, dit-il, «on se pose maintenant la question de savoir quelle est la valeur de la parole donnée surtout une parole donnée par la première institution qui en principe devait susciter un traitement d’urgence ? Mais à chaque fois on nous entraîne dans un terrain de dilatoire, de procédures à n’en plus finir pour en réalité tuer la dynamique constructive qui a été impulsée par le président de la République». En sit-in hier devant le Palais de justice Lat-Dior, Boun Malick et ses camarades ont soutenu qu’à cause de l’attitude du ministre de la Justice, ils sont obligés de se radicaliser. D’ailleurs, ils annoncent qu’ils ont déposé un préavis de grève qui va expirer le 26 décembre 2018. Au terme de ce préavis de grève, le Sytjust menace de paralyser à nouveau le système avec des séries de grève.
msakin@lequotidien.sn

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