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L’impact du conflit casamançais dans l’exploitation du bois fut l’objet d’une enquête qui a couvert toute la Casamance avec des sites choisis selon trois critères : accessibilité aux sites par rapport à la présence d’éléments armés, le statut des forêts, classées ou non-classées et la culture de la localité. L’analyse des résultats a montré que deux zones sont particulièrement sensibles au trafic du bois. La première zone est celle Nord frontalière avec la Gambie couvrant le Nord de Bignona et le Nord de la région de Sédhiou. Dans cette zone, les forêts sont fermées à l’exploitation ; néanmoins, le trafic du bois y est très intense et 57% des trafiquants viennent de la Gambie. 60% de ce bois exploité sont acheminés en Gambie, base arrière du Mfdc. La seconde zone est celle où les forêts sont ouvertes à l’exploitation. Dans cette zone, la majorité des exploitants viennent des autres régions du pays (44,4%) ; les exploitants gambiens sont présents mais à un degré moindre que dans la zone Nord Bignona (18%). Le trafic dans cette zone est cependant exacerbé par la corruption contrairement à la zone Nord Bignona où l’absence du service administratif est remplacée par le contrôle des éléments armés. A la faveur du compromis entre la faction combattante du Front Nord et le gouvernement du Président Diouf qui autorise les combattants à exploiter à leur guise la forêt, le trafic de bois en direction de la Gambie va prendre une proportion très importante au fur et à mesure de l’évolution du contexte. La politique de protection des ressources forestières de la Gambie par une interdiction de l’exploitation a fini de faire de la Casamance un vivier de ressources forestières de la Casamance. Le plus inquiétant, c’est l’existence d’un vaste réseau «chinois» installé en Gambie qui exporte par containers du Tek et du Venn vers la Chine. Avec les Chinois, le trafic de bois impliquerait des autorités gambiennes et des autorités locales sénégalaises. Une aubaine également pour le Mfdc qui va ainsi financer ses activités par l’exploitation de produits locaux tels que les noix de cajou et le bois, exporté en contrebande vers la Gambie, et, dans une moindre mesure, le chanvre indien.

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