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La Confédération des syndicats autonomes du Sénégal, en session ordinaire, s’est indignée de la dégradation continue du statut et des conditions des travailleurs. Elle a dénoncé aussi l’accroissement exponentiel des emplois précaires, surtout dans le secteur informel. Elle annonce que le temps de la mobilisation et du combat est arrivé.

La Confédération des syndicats autonomes du Sénégal (Csa) exprime son indignation par rapport à la situation des travailleurs. Elle annonce d’ailleurs que le temps de la mobilisation et du combat contre le gouvernement est arrivé. A cet effet, elle invite les centrales syndicales en particulier à se mobiliser dans l’unité la plus large pour relever le défi revendicatif majeur. En session ordinaire, le Bureau confédéral constate avec «regret et indignation la dégradation continue du statut et des conditions de vie des travailleurs, avec l’accroissement exponentiel des emplois précaires et des effectifs du secteur informel», lit-on dans un communiqué.
Les responsables s’insurgent également de la «violation flagrante» des droits des travailleurs «victimes d’arbitraire par le refus d’exécution des décisions de justice à leur profit, au mépris des principes de l’Etat de droit». Ils ajoutent à ce tableau sombre les soucis des travailleurs et des couches populaires qui, selon eux, continuent de ressentir «douloureusement la vie chère et le chômage massif», surtout les jeunes, en dépit du taux de croissance économique qui aurait atteint les 7% en 2017.
La Csa s’est aussi arrêtée sur la situation dans le secteur public. Il condamne ce qu’il appelle «le dilatoire persistant» du gouvernement dans l’application des accords signés avec de nombreux syndicats de branche. «Cette mauvaise volonté chronique du gouvernement a fini d’installer la récurrence des grèves des travailleurs, jeté le discrédit et fragilisé des services publics de base dont le fonctionnement est indispensable au bien-être des populations», regrette le Bureau confédéral dans le communiqué.

La Csa accuse l’Etat d’avoir tronqué le document de travail sur le système de rémunération
C’est dans ce moment de «trouble», dénonce la Csa, que s’est tenu l’atelier de partage de l’étude sur le système de rémunération et de motivation des agents de la Fonction publique, en vue de sa révision dans un esprit de justice, d’équité et d’équilibre dans le traitement salarial des agents. Mais «hélas», regrette le Bureau confédéral, «l’atelier n’a pas répondu aux attentes des travailleurs». Les syndicalistes accusent le gouvernement d’avoir tronqué le document de travail qui, selon eux, est débarrassé des propositions qui orientent la prise de décision. Ils condamnent cette démarche et exigent du gouvernement la «mise à disposition à temps de tous les documents indispensables et la création de toutes les conditions nécessaires pour des négociations sérieuses et concluantes dans des délais raisonnables». Ils estiment que cette revendication est fondamentale et intéresse plus de 130 mille travailleurs et la solution à ce problème conditionne l’avènement d’une paix sociale durable.
Le bureau s’est également prononcé sur le monde rural, notamment l’élevage, la prochaine campagne de commercialisation arachidière, la situation à l’Agence de presse sénégalaise, l’augmentation des pensions de retraite dans la Fonction publique et dans le sous-secteur de l’hydraulique urbaine, où il note un blocage. Sur tous ces problèmes, la Csa appelle l’Etat afin qu’il apporte des solutions concertées, durables et définitives.
Sur d’autres secteurs, la Csa a noté quelques «modestes» conquêtes sociales qui, selon elle, méritent d’être signalées. Il s’agit du relèvement du taux horaire du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) et de l’ouverture de négociations pour l’élaboration ou la révision de conventions collectives en faveur des travailleurs de divers secteurs (gardiennage, nettoiement, enseignement privé, boulangerie, médias, pétrole et gaz etc.). Tout de même, la Csa relève que ces conquêtes butent sur la matérialisation et l’augmentation des salaires dans le secteur privé.
ndieng@lequotidien.sn

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