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Pour Mamadou Lamine Loum, les eurobonds contractés en mars dernier par le gouvernement, montrent que les finances publiques sénégalaises ne se portent pas bien.

Mamadou Lamine Loum dément le directeur du Budget, Mamadou Moustapha Ba, qui déclarait jeudi dernier que le Sénégal ne souffrait pas de tension financière. Pourtant oui, selon le dernier Premier ministre du régime socialiste (du 3 juillet 1998 au 5 avril 2000) pour qui, les différents créanciers de l’Etat, à savoir les écoles privées du supérieur, les étudiants, les bailleurs qui louent des maisons à l’Etat et les entreprises de travaux publics, «sentent» cette situation. «Le cadre macroéconomique est mitigé. La pauvreté ne recule pas, les chiffres le disent. Les finances publiques ne se portent pas bien. La tension financière existe depuis un certain temps. On la sentait», constate-t-il.

«Les Eurobonds, une fuite en avant»
Pour étayer son raisonnement, il cite les eurobonds de 1200 milliards de francs Cfa contractés par le gouvernement en mars dernier. «Ces Eurobonds sont ce qu’il fallait pour couvrir le déficit du budget qui peut demander qu’on mobilise un montant approximatif de cet ordre pour financer les opérations de l’Etat. C’est une fuite en avant puisque les Sénégalais sont en train de consommer par anticipation les revenus qui vont leur venir dans les années à venir», regrette-t-il. D’après lui, ces Eurobonds sont des «opérations trop précipitées qui demanderont sans doute des traitements pour pouvoir être acceptables pour les finances publiques et pour éviter ce qui s’est passé avec les Eurobonds de 2011 qu’on est en train de couvrir cette année et l’année prochaine».
Mamadou Lamine Loum trouve d’ailleurs «très cher payés» les 2 milliards de dollars d’intérêt et le milliard de dollars de prêt sur 30 ans d’échéance. «Il faudra qu’on gère beaucoup mieux les finances publiques dans notre pays», invite-t-il, soulignant que le Pse est un «bon programme de travail de gouvernement mais pas au sens prospectif».
Si le pouvoir ne manque jamais l’occasion de relever la progression de la croissance depuis quelques années, M. Loum signale que l’économie ne se résume pas à cela car, dit-il, «il y a la création de richesses, la répartition des richesses, la pauvreté, le commerce extérieur, les questions d’emploi, de finances publiques…» Selon lui, le directeur du Budget «n’est pas la personne qu’on doit interroger pour savoir si les caisses de l’Etat sont pleines».

bgdiop@lequotidien.sn

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