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Le Sénégal a certes, réussi une forte croissance ces deux dernières années, mais cette croissance n’est pas encore ressentie par les populations. «Les effets de la croissance sur l’emploi et la pauvreté ne sont pas encore visibles», a constaté le Pr Abdoulaye Diagne hier, à l’occasion du Forum de la recherche économique et sociale. Le directeur exécutif du Cres renseigne que la pauvreté reste importante, puisqu’elle affecte près de la moitié de la population. Dans sa présentation, il note d’ailleurs, une augmentation du nombre de pauvres qui est passé de 6,3 millions en 2011 à 6,8 millions en 2016. Of­ficiellement, le taux de pauvreté dans le pays est de 46,7%, mais ce chiffre moyen cache une forte disparité entre les zones urbaines où on note qu’un habitant sur 4 est pauvre et les zones rurales où ce sont deux habitants sur 3 qui sont pauvres.
Selon Mamadou Dansokho du Cres, sortir de la pauvreté reste tout aussi difficile. «La vulnérabilité réduit la probabilité de sortir de la pauvreté. D’une période à une autre, très peu de gens y arrivent. Et quand ils y arrivent, il y a une proportion de gens qui retombent dans la pauvreté.»
Autre facteur noté par le chercheur, c’est la pauvreté antérieure qui, selon lui, agit fortement sur la pauvreté de la période suivante. M. Dansokho recommande ainsi, aux autorités de garder à l’esprit la déconnexion qui existe entre croissance et amélioration des conditions de vie des populations. «Le Président dit qu’il ne faut pas que la croissance bénéficie exclusivement à certaines classes de la population», souligne pour sa part le ministre en charge du suivi du Plan Sénégal émergent (Pse), Abdoul Aziz Tall. Il explique que c’est pour permettre aux populations de prendre en charge leurs besoins sociaux que des programmes, tels que le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), la couverture maladie universelle (Cmu) ou les bourses de sécurité sociale ont été mis en place. «Il faut tout faire pour qu’un point de croissance profite à toutes les couches de la population. On est déjà a plus de 6%, il faudrait qu’on arrive à 8%, mais même à ce taux, il faudrait mettre en place les mécanismes qui assurent une redistribution plus équitable des fruits de la croissance», insiste le Pr Diagne.

mamewoury@lequotidien.sn

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