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Après avoir illuminé les écrans de quelque 180 festivals et remporté 60 prix, le court métrage de fiction de la Sénégalo-Française, Maïmouna Doucouré, «Maman (s)» était à l’affiche vendredi dernier à l’Institut culturel français dans le cadre d’une programmation spéciale court métrage. Les films de Alice Diop, Abdou Khadre Ndiaye, Khadidiatou Sow étaient également au programme.

Auréolée de ses 60 prix pour 180 sélections dans des festivals du monde entier, la Franco-Sénégalaise, Maïmouna Dou­couré, a présenté vendredi dernier, son film Maman(s) à l’Institut culturel Léopold Sedar Senghor. C’était à l’occasion d’une programmation spéciale court métrage ou étaient également inscrits les films de Alice Diop Vers la tendresse, Abdou Khadre Ndiaye Khaley bou reer  et Khadidiatou Sow Une place dans l’avion. Cette programmation choisie a fait refuser du monde dans la salle de cinéma de l’institut. En effet, si Maïmouna Doucouré et Alice Diop ont remporté ensemble le César 2017 du Meilleur court métrage, les jeunes Abdou Khadre Ndiaye et Khadidiatou Sow ont également connu des parcours appréciables dans de grands festivals. On comprend dès lors l’intérêt du public pour cette spéciale projection. A cela s’ajoute le fait que cette séance a aussi permis à la journaliste et critique de cinéma, Claire Diao, de présenter son dernier essai Double vague : le nouveau souffle du cinéma français.
Dans Vers la tendresse, Alice Diop réussit à briser la carapace qui entoure ces jeunes des banlieues sur qui le vocable «racaille» colle à la peau. C’est sans détour que ces jeunes gens dévoilent à la réalisatrice, les difficiles relations qu’ils ont avec le sexe opposé, avec les relations affectives en somme. Avec ses quatre personnages, Alice Diop offre un panorama qui petit à petit mène vers la pleine jouissance de ce sentiment amoureux que l’un des jeunes affirme contraire aux traditions africaines et que selon lui, ses propres parents ne connaissent pas. Le film tire sa force des témoignages recueillis par l’auteure, ces voix qui racontent de façon touchante, un quotidien bien éloigné de ce que l’on s’attendrait à entendre dans un monde qui cultive la virilité à outrance chez les hommes. Ce sont ces voix qu’Alice Diop a montées sur des images de jeunes désœuvrés et qui parfois partent vers Bru­xelles à la recherche d’amours tarifés. Si les personnages filmés ne sont pas toujours ceux qui parlent, le film rend compte d’une singularité touchante et tend vers la tendresse.
Cette singularité du regard de la réalisatrice, on la retrouve également dans le film de Khadidiatou Sow Une place dans l’avion. C’est l’histoire d’un homme qui apprend qu’un avion doit quitter l’aéroport de Dakar à destination des Etats-Unis et qui offre une place à quiconque arrive à y monter sans passeport ni visa. Autour de cette situation invraisemblable, la réalisatrice tisse une trame à la fois drôle et évocatrice. Une dynamique que l’on retrouve dans Khaley bou reer ou le jeune Inch se retrouve tout esseulé à la sortie de son premier jour d’école.
mamewoury@lequotidien.sn

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