PARTAGER

L’annonce du décès du chanteur Ablaye Mbaye sonne comme un coup de massue pour tous ceux qui ont assisté au concert du groupe Pape et Cheikh, vendredi dernier au Grand Théâtre. Le chanteur était au meilleur de sa forme, dans son sabador jaune. Il chantait aux côtés du duo Pape et Cheikh exécutant des pas de danse fortement appréciés du public.

Vendredi dernier,  Ablaye Mbaye charriait le bonheur et magnifiait sa complicité légendaire avec le duo Pape et Cheikh : «Je le fais tous les ans et beaucoup de gens ont hâte de nous voir sur scène. On a une telle complicité qui ne surprend plus personne et dépasse même le cadre de la musique. On habite ensemble à Fass donc doumathi marakiss, grand boubou laathi akk Tiaaya», reportait-on dans l’édition du journal  Le Quo­ti­dien d’hier, pour livrer les propos de l’artiste, tenu sur un ton empreint d’humour. Mal­heu­­reusement hier soir, l’heure n’était plus à l’humour. L’an­nonce du décès de Ablaye Mbaye a sonné tout le monde. De nombreux acteurs culturels sont restés sans voix. Aucun musicien ne pouvait placer un mot au téléphone. Interpellé, le manager, journaliste et ami des chanteurs, Pa Assane Seck n’avait pas de mot pour décrire son chagrin. Il était en compagnie de Ablaye Mbaye, la veille de son décès. Et donc M. Seck joint n’arrêtait de verser des larmes. Profon­dé­ment attristé, il lâche au bout du fil : «On était ensemble toute la nuit d’hier. C’est difficile». Difficile pour lui de parler, de témoigner sur le vif, mais également très difficile pour Guissé Pène qui connaissait bien le chanteur. Celui-ci pour une première, éprouve une énorme peine à s’exprimer face à une situation. M. Pène confie une phrase : «On habitait ensemble à Fass», puis s’excuse et demande à être rappelé plus tard.

Iba Guèye Massar : «Ablaye voyait avec le cœur»
La douleur du décès de cet artiste est tenace. Tout le gotha culturel a perdu hier soir ses mots. Le téléphone de Pape Amadou Fall du groupe Pape et Cheikh sonnera en vain, tandis que celui de Baba Hamdy reste sur boîte vocale. Seul Iba Guèye Massar consent à dire quelques mots à propos de Ablaye Mbaye. Cependant, même lui  a du mal à croire à cette mort brutale. «Massamba Mbaye m’a appelé tout à l’heure pour me demander. C’est Abdoulaye Koundoul, directeur des arts qui me l’a confirmé. Il est décédé tout à l’heure. C’est vrai. C’est une triste nouvelle. J’ai perdu un petit frère», dit-il avant de revenir sur les liens qu’il entretenait avec le musicien et sa belle carrière. «C’est un jeune frère et j’appréciais son travail. On a toujours eu de bons rapports. Il ne voyait pas certes avec les yeux mais voyait avec le cœur. C’était un homme de cœur», a-t-il souligné. M. Guèye se rappelle avec apathie, des bonnes blagues que Ablaye Mbaye racontait toujours lors de leurs rencontres dans les années 1994-2004 au temps du Lemzo Diamono.
«Son chemin il l’a fait lui-même et a gravi bien des échelons. Ce qui m’a vraiment frappé, c’est surtout ses reprises des classiques de Youssou Ndour. Tous se demandaient qui est cet artiste. C’est à partir de ce moment que beaucoup se sont intéressés à lui. Ablaye Mbaye a laissé son empreinte dans le paysage musical sénégalais. Il a vécu sa vie, il a marqué sa vie, il a marqué nos vies. Nous lui rendons hommage et prions pour le repos de son âme», témoigne Iba Guèye Massar. Ablaye Mbaye n’est plus. Mais sa dernière prestation au Grand Théâtre et son image d’homme de gaieté, d’artiste de talent restera gravée dans les souvenirs de ce bas monde.
aly@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here