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Le colis sera bientôt livré à la Guinée à moins que le chef de l’Etat décide de ne pas signer le décret. La Chambre d’accusation, qui statuait sur cette affaire hier, a émis un avis favorable pour l’extradition de Toumba Diakité plongeant son avocat dans l’incompréhension.

Le commandant Toumba Diakité a épuisé hier sa dernière carte devant la Chambre d’accusation. L’extradition de l’ancien garde du corps de l’ex-Président guinéen reste, en revanche, suspendue à la décision du président de la République qui doit signer (ou non) son expulsion vers la Guinée. La Chambre d’accusation, qui a statué hier sur la demande d’annulation de la procédure, la mise en liberté provisoire sollicitée par son avocat et la demande d’extradition souhaitée par le Parquet, est allée à l’encontre des espérances de l’ex-proche collaborateur de Moussa Dadis Camara. Selon elle, les actes posés depuis son arrestation sont réguliers dans ce dossier et les conditions pour son extradition sont réunies. Elle a ainsi émis un avis favorable dans ce sens.  Pourtant, son avocat espérait une issue heureuse. Car selon Me Baba Diop, le Parquet n’avait pas d’arguments solides pour s’opposer à cette volonté. Ce qui fait, dit-il qu’il avait, bon espoir. Mais, «malheureusement  je ne sais pas sur quoi la Chambre s’est fondée pour rejeter la demande», s’est-il désolé en remarquant, qu’il y a vice de procédure dans ce dossier d’extradition du commandant Toumba. Selon les dispositions de l’article 11 du Code de procédure pénale, l’ex-garde du corps de Dadis Camara devait être entendu dans les 24 heures après son arrestation. Ce qui n’a pas été le cas. D’après l’avocat du ressortissant guinéen, c’est une semaine après son interpellation que Toumba Diakité a été entendu par le procureur de la République. Un vice de forme qui doit, selon lui,  entraîner impérativement l’annulation de la procédure. Devant une telle décision, il n’y a pas de recours possible. Toutefois, Me Diop, qui  ne se s’avoue pas encore vaincu, est en train de mettre en place une autre stratégie pour empêcher son extradition. Ou la retarder. «Il revient au Président de prendre la décision. Mais, s’il décide de son extradition, je l’attaque devant la Chambre administrative de la Cour suprême pour excès de pouvoir», a-t-il promis. Il estime que la décision de la Chambre d’accusation est basée sur un avis erroné et non fondé en droit.
Après un long travail de filature des Pandores, qui l’ont localisé à Ouakam, Touma Diakité a été interpellé le 16 décembre 2016 et auditionné à la Section de recherches. Il est accusé des pires atrocités suite aux événements du 28 septembre 2009 qui ont provoqué la mort de 159 personnes et il est l’une des personnes les plus recherchées de Guinée après ce massacre perpétué sur des populations civiles lors d’une marche pacifique.
justin@lequotidien.sn