PARTAGER

Le procès du maire de Dakar, ouvert hier, a été renvoyé au 3 janvier prochain en audience spéciale et sur demande de la défense. Au premier jour, les agents judiciaires de l’Etat ont refusé la constitution de Me El Hadji Diouf. Et de l’autre côté, l’avocat a eu de vifs échanges avec le procureur.

Le procès du maire de Dakar et ses coinculpés s’est ouvert hier devant le Tribunal correctionnel pour les chefs d’accusation d’association de malfaiteurs, d’escroquerie, de détournement de deniers publics portant sur la somme de 1 milliard 830 millions de francs, faux et usage de faux dans un document administratif et complicité. Tous étaient dans leurs boubous traditionnels de couleur blanche à l’exception d’un seul. Comme pour prouver leur innocence ! Les 9 mois de détention n’ont pas érodé le visage de Khalifa Sall qui affiche la forme et la bonne mine. Appelé à la barre avec ses coprévenus, il distribuait des sourires à ses avocats tout comme à ceux de la défense. Le juge du 2e cabinet qui a hérité de ce dossier n’ira pas loin, car les avocats de la défense, qui estiment que le dossier n’est pas en état, ont sollicité le renvoi en audience spéciale. Une requête entendue par le Tribunal qui a procédé au renvoi à la date du 3 janvier. Ils ont évoqué l’article 174 du Code de procédure pénale pour justifier leur demande. «Vous êtes saisi irrégulière­ment et ce n’est pas moi qui le dis, c’est la loi», a signifié Me Demba Ciré à Maguette Diop. En fait, les avocats de la défense soutiennent n’avoir pas encore reçu le dossier et affirment avoir été informés de la tenue du procès «par voie de presse».

La constitution de Me El Hadji Diouf, première bataille
Mais cette demande formulée par la défense n’a pas été le seul point discuté à la barre dans cette affaire. De l’autre côté de la partie civile, les agents judiciaires de l’Etat ont demandé que la constitution de Me El Hadji Diouf ne soit pas acceptée car, selon eux, l’avocat est un agent de l’Etat en raison de sa qualité de député. Pour Antoine Diome et Moussa Thiam, Me El Hadji Diouf ne peut pas se constituer contre les intérêts de l’Etat qui le paye, même s’il n’est plus député, car la loi, rappellent-ils, dispose qu’en pareille situation, l’avocat ne peut se constituer qu’au-delà de 6 mois. Prenant la parole, le procureur ne voit pas la pertinence d’agiter l’article 174. Selon Aly Ciré Ndiaye, ils ont été informés par leurs clients. «Je ne vois pas pourquoi on demande une audience spéciale de renvoi», s’interroge-t-il, avant de demander aux avocats de ne pas attendre la date du renvoi pour citer des témoins.
La réplique ne s’est pas fait attendre du côté de la défense. «Nous sommes surpris d’entendre le procureur le dire. Quand un avocat apprend par la presse la date du procès, que fait-il ? Soit il se présente, soit il ne le fait pas. Mais c’est une obligation pour le procureur d’aviser les conseils», lui a rétorqué Me Abdou Dialy Kane qui informe que c’est par la presse qu’ils l’ont appris et c’est le lundi matin qu’ils ont eu la confirmation. A l’en croire, il y a beaucoup d’avocats de la défense qui sont absents et qui n’ont pas reçu de citation. De l’avis de Me El Hadji Diouf, on doit respecter les formalités. L’ancien député dont la constitution est menacée promet de riposter vigoureusement si sa cause n’est pas entendue. «Je vous demande de noter ma constitution et aucun juge ne peut m’en empêcher», a-t-il signifié au président du Tribunal qui a appelé à la «sérénité» de chacun et promet qu’à la date du 3 janvier, le Parquet aura le temps d’aviser les parties.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here