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Assurément ces réaménagements budgétaires, cette Loi de finances rectificative en ce début d’été qui place notre budget à 3 774 milliards de F Cfa, découlent de la ferme volonté du chef de l’Etat de ne pas répercuter la variation vertigineuse du prix du baril de 54 dollars (prévisions) à 75 dollars sur le consommateur sénégalais.
Faire semblant de l’ignorer relève de la pure démagogie de la part d’un député qui pense naïvement et à tort que toute l’économie se résume à la fiscalité.
L’autre aspect important de cette Lfr est la prise en compte de la revalorisation des conditions d’existence des étudiants et des syndicats, car le Président, dès sa prise de fonction, a pris la ferme résolution d’écouter le Peuple, avec comme credo «un Sénégal qui marche pour tous» ; autant que faire se peut.
Le gap de 161 milliards dans les prévisions des recettes fiscales est une éventualité tout à fait normale, car le budget est d’abord une prévision qui évolue en hausse ou en baisse, en fonction de plusieurs paramètres, notamment les chocs exogènes difficilement maîtrisables.
Ce député a perdu toute son honorabilité, dès lors qu’il reproche au gouvernement un dépassement dans la mobilisation des ressources extérieures à hauteur de 216 milliards.
Ce dépassement montre la crédibilité de la politique économique du Président Macky Sall et la bonne tenue de nos finances publiques, avec un cadrage macroéconomique qui respecte les critères régionaux de convergence.
Parlant de la dette, ce populiste ignore royalement que la progression de notre taux de croissance économique requiert un endettement public dans sa première phase, et que par la suite le secteur privé prend le relais des investissements.
Notre production intérieure brute est en forte expansion depuis 2012, selon l’Ansd, et se situe en 2018 à plus de 13 mille milliards de F Cfa.
Malgré la mobilisation des Eurobonds, notre dette publique (61% du Pib) se situe en deçà du plafond de 70% avec des maturités plus longues et des taux concessionnels.
Un pays comme le Togo a un taux d’endettement représentant 75% de son Pib, alors que les salaires y sont régulièrement payés.
Critiquer notre endettement sans le mettre en corrélation avec la progression de notre croissance relève de la fantasmagorie.
Spéculant sur les appels en­trants, cet activiste ignore que sa suppression est un engagement électoral du candidat Macky Sall, non pas vis-à-vis de la France comme il semble le soutenir, mais de la diaspora sénégalaise.
Le député ne sait pas que les chiffres avancés dans le budget sont surveillés par les partenaires techniques financiers, les agences autonomes de notation, la surveillance multilatérale, l’Uemoa etc. Même pour la production agricole, les chiffres sont authentifiés par la Fao, le Pam, le Cilss, membres de la commission internationale selon une méthodologie communautaire Cedeao, avant leur publication officielle.
Autre signe de démagogie, le député a écrit un ouvrage sur le pétrole au Sénégal, sans avoir au préalable mis les pieds dans les laboratoires de Petrosen, ni rencontré les Dg de cette boîte depuis M. Samba Diouf, Cos-Petrogaz, les majors, les différents ministres en charge de l’Energie, les syndicats du secteur, visité une plateforme…
Quel manque de rigueur scientifique dans la démarche !
Sonko, un conseil, allez-y doucement, avec plus de courtoisie et d’humilité vis-à-vis de la République et des personnes qui l’incarnent ! La politique est une activité noble, l’arrogance ou l’insolence n’y ont pas leur place. Il y a un proverbe allemand qui dit que les «menteurs ont toujours des jambes courtes».
Le plus sûr moyen de ruiner la crédibilité d’un pays est de donner le pouvoir (député au plus fort reste) aux démagogues.
Habib NDAO
Oqsf
hndao@oqsf.sn

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