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Le lancement, hier à Sorano, de la 1ère édition du Festival interscolaire de théâtre et de poésie a servi de tribune aux enfants et permis aux élèves de se solidariser pour revendiquer leurs droits.

Droit de vivre, droit d’avoir des jouets, droit d’avoir une maison, droit d’avoir une école, droit d’apprendre, droit de refuser la prostitution, droit d’être soigné, droit de manger à sa faim : Les élèves de l’école Cheikh Anta Diop de Pikine ont, comme jamais, exprimé leur envie de pleurer, comprendre, réagir et aider tous les enfants dont les droits sont bafoués et qui souffrent le martyre. «Pourquoi des travaux forcés ? Pourquoi autant de tristesse ? Pourquoi des enfants battus, malmenés, amputés jusqu’à être tués ? Pourquoi soutirer à l’enfant le droit de vivre et de grandir ? Pourquoi ?», s’interrogent-ils au fil de leur prestation. «Tant de regards attristés ! Tant de regards apeurés ! Tant de brutalité, tant de cruauté ! Tant de boucheries ! Tant de bras allongés pour quémander ! Tant de pauvreté et de mendicité ! Tant de travaux forcés ! Tant de mains brisées et attachées ! Tant de ventres affamés !» Pour eux, le temps était venu de revendiquer leurs droits. Mais ils n’étaient pas les seuls, les élèves de l’école franco-sénégalaise de Fann ont aussi joué, devant leurs condisciples, une belle pièce, abordant toujours la question du droit des enfants. Celui relatif à l’éducation. «Pourquoi nous ne pouvons pas aller à l’école ? Que l’on soit fille ou fils de roi, on devrait pouvoir y aller. Pourquoi nous les enfants du royaume nous n’avons pas le droit d’aller à l’école alors que les fils du roi en ont le droit ?», les entend-on se plaindre.
La plaidoirie des enfants de l’école franco-sénégalaise de Fann a consisté à bâtir un royaume dans lequel il y aura l’école pour tous, sans distinction de sexe ni de naissance. Un royaume où filles comme garçons peuvent aller à l’école, un royaume où princes comme enfants pauvres peuvent équitablement aspirer à leur droit à l’éducation. Sensible à la plaidoirie des bambins et étant à l’initiative même du Festival interscolaire de théâtre et de poésie, Cheikh Oumar Sy, député à l’Assemblée nationale, a sollicité que cedit festival soit pérennisé et que ses organisateurs soient accompagnés. «Une initiative pareille doit être accompagnée. Permettre à des écoles de Saint-Louis, de Kaolack, Dakar, Ziguinchor de ‘’compétir’’ dans l’esprit, l’art, la poésie, c’est quelque chose de fabuleux. C’est ce qui manquait aux élèves, un espace scolaire où ils peuvent se donner à joie. Il faut continuer cette initiative qui, je pense, doit être accompagnée par l’Etat».
Membre du Réseau parlementaire pour la protection de l’environnement au Sénégal, M. Sy a rappelé aux enfants la nécessité de sauvegarder l’environnement : «Il faut protéger l’environnement.» Conseiller du président de la République et ancien directeur du Théâtre national Daniel Sorano, Dr. Massamba Guèye a pour sa part relevé l’importance du théâtre scolaire. «Si j’ai pu être directeur général de ce théâtre, je le dois au théâtre scolaire. C’est dans ce théâtre scolaire que je me suis forgé. Je suis très heureux et je prie que ce théâtre revienne dans ce temple des arts vivants», a-t-il dit, prodiguant des conseils aux élèves.
Abou Abass Deh, qui a interprété le rôle du gouverneur dans la pièce de l’école franco-sénégalaise de Fann, s’estime déjà heureux de participer à ce festival où l’on apprend beaucoup. A 9 ans et demi, la plus grande leçon de ce garçon c’est comment devenir un grand homme.
aly@lequotidien.sn

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