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Le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) a livré sa cuvée 2016, baptisée promotion Amady Aly Dieng. L’économiste décédé l’an passé, vacataire durant de nombreuses années au Cesti et universitaire chevronné, a durablement marqué les esprits par sa liberté d’esprit et son savoir encyclopédique.

«Amady Aly Dieng se méfiait du singe qui imite et du perroquet qui répète.» Ces mots sont prononcés par son propre fils, Baïdy Dieng et résume à eux seuls l’esprit farouche qui caractérisait sa figure paternelle. Le parrain de la 44e promotion du Cesti (Centre d’études des sciences et techniques de l’information) fustigeait l’«esprit talibé» de beaucoup de ses compatriotes toujours prompts à révérer  ses «maîtres» intellectuels ou spirituels sans jamais poser le moindre regard critique sur leurs écrits ou paroles. La plupart des éminences invitées à prendre la parole à la tribune de l’Ucad II, à l’occasion de cette remise de diplôme, ont exhorté les récipiendaires à s’armer de l’engagement tutélaire de leur parrain dans leur mission de raconter les affres et les bonheurs de ce monde. Le professeur Mame Moussé Diagne, proche de feu Amady Aly Dieng, a livré son qualificatif pour désigner son ami : «Une torpille socratique tropicale.» Si son humour caustique a pu lui valoir des inimitiés, c’est surtout sa remise en cause permanente du savoir dogmatique qui le range du côté des «dissidents». Son esprit dissident, il l’a mis au service de son pays, de l’Afrique dans la quête de l’acquisation et du partage du savoir, partant du singulier vers le général à l’image de son geste durant l’année 2007 où il remit la plus grande partie de sa bibliothèque à l’Université, déshéritant en partie sa famille biologique pour doter en savoir encyclopédique sa famille univerisitaire, autrement dit le bien commun.
bdavid@lequotidien.sn

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