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«On s’excuse du retard.» Cet éternel refrain a été servi la semaine dernière par le chanteur Elage Diouf en guise de consolation à ses invités et à la presse qui ont attendu 2 heures avant le démarrage de la séance d’écoute de son nouvel album intitulé Back to jolof. Prévu en effet à 17 heures au Baramundi, la rencontre a finalement démarré à 19 heures. Et comme si cet impair ne suffisait pas, la cérémonie s’est terminée dans un désordre total. Le staff de l’artiste était incapable d’organiser les choses comme il se devait. Les journalistes avaient tous les problèmes du monde pour faire des interviews avec le musicien à cause de la meute de fans qui se bousculaient pour les dédicaces et photos.
Et pour la présentation de cet album remix qui parle du retour aux sources, là où tout a commencé, le percussionniste, au­teur compositeur et interprète Elage Diouf, installé au Canada depuis 1996, a été accueilli sur scène par une salve d’applaudissements des fans à majorité féminine. Les invités ont salué par des acclamations la belle voix de l’artiste qui a fait un succulent mariage entre le mbalax et l’acoustique. Au rythme des morceaux Sunugal, Melokaane, Badola, Probleme yi, Tanta qui composent l’album, les mélomanes n’ont pas pu résister. Ils étaient nombreux à se jeter en scène pour danser.
En répondant aux questions du public, l’artiste a reconnu que le choix de ces tubes parmi tant d’autres n’a pas été aisé. «L’idée, c’était d’aller chercher ce public-là qui ne connaît pas encore Elage Diouf. Les arrangements étaient faits différemment, plutôt à la sénégalaise. Je me suis amusé sur ce projet là avec mes amis. Et c’est vraiment 100% sénégalais», dit fièrement l’artiste. Et au sujet des thèmes développés, il mentionne qu’ils «existaient déjà. Dans son répertoire, il y a juste une nouvelle chanson qui est Sunugal. J’y ai abordé l’actualité politique, ce qu’on vit au quotidien. J’aimerais retrouver le Sénégalais que j’ai laissé ici. Parce que ça fait 20 ans que j’ai quitté ici. Il y a beaucoup de choses qui ont changé, mais j’aimerais que ça change pour le meilleur». Interpellé pour n’avoir pas fait de featuring avec d’autres artistes, il promet que «ça va se faire inchalla. Il y a de la place pour ça».
En attendant, l’artiste musicien donne rendez-vous aux fans le 30 de ce mois à Sorano pour un concert qu’il promet grandiose. Il a également lancé un cri du cœur concernant le mal qui ronge les artistes : la piraterie. «Il faut soutenir ce projet là. Arrêtez d’acheter les pirates !», a-t-il dit. Elage Diouf, artiste sénégalais établi au Québec, fait de la musique hybride de pop, world, blues, folk et asiko. Il a officiellement fait sa marque au Canada en 2010, avec la parution de son premier album solo, intitulé Aksil («bienvenue» en wolof). En 2015, il avait lancé son deuxième album solo fort attendu, Melokáane («reflet» en wolof). Co-produit par Elage Diouf et Alain Bergé, cet album propose plusieurs collaborations, notamment avec le chanteur multi-platine Johnny Reid et le guitariste Jordan Officer.
msakine@lequotidien.sn

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