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Après plusieurs années passées sur les planchers, Adam Senghor a opté en 2010 pour une carrière de chanteuse. En 2016, elle sort son premier produit intitulé Deukeundo (voisinage). Composé de 7 titres, Deukeundo est un album dans lequel l’artiste aborde et sensibilise sur différents thèmes relatifs à la société. Pour l’auteur, cela témoigne d’un passé de comédienne qui a grandement contribué à façonner sa voix.

Que cela soit le théâtre ou la musique, on reste dans le domaine de l’art. Aussi, Adam Senghor a-t-elle sauté sans danger du premier (le théâtre) pour atterrir au second (la musique). Après19 années passées à faire les planches, la dame, qui a fait les beaux jours de la troupe théâtrale Kaddu Yarakh avec sa belle voix, a entamé en 2010 une carrière de chanteuse. En 2016, elle sort son premier album Deukeundo, pour dire que ce glissement de terrain n’en est pas réellement un. En virant vers le milieu de la musique, elle reste pourtant toujours fidèle à son premier amour : le théâtre. En atteste, le contenu de son album qui sensibilise tout en abordant des thèmes directement rattachés à la société, comme il est de coutume dans le théâtre populaire. Aux yeux de l’artiste, «le rôle d’un chanteur n’est pas trop différent de celui du comédien, qui tout comme le premier, se sert de son art pour sensibiliser, dénoncer et toucher les âmes». «Le rôle du chanteur est de s’intéresser et de s’imprégner des maux de sa société», trouve Adam qui, dans Deukeundou (Ndlr : le titre éponyme de l’album), se fait un plaisir de dénoncer ces querelles de voisinage qui surgissent parfois dans les quartiers.
Dans Woudié, l’artiste poursuit cette mission de dénonciation. Parlant de la polygamie (Woudié), elle fustige alors l’attitude de ces coépouses qui sont souvent en conflit. Rappelant que «dans la presse, on lit des faits divers relatant des violences entre coépouses qui se bagarrent par-ci, se brûlent par-là, certaines même vont jusqu’à ôter la vie de leurs coépouses. Dans ce titre, je dis Woudié du noono, lii dou noonou (Ndlr : les coépouses ne sont pas des ennemis)».
Dans Domou baye, Adam Senghor sert la même rengaine à ses fans. Endossant sa robe de chanteuse, elle se dresse contre les tiraillements relevés parfois dans les familles, entre demi-sœurs et demi-frères.
Sortant de ce registre, la chanteuse sensibilise ailleurs contre le fléau qu’est le Sida dans le titre du même nom et chante dans Africa, la paix en Casamance et en Afrique de manière générale. Dans les titres Diambar et Adam Thioumbé, l’artiste se donne une autre mission : celle de ressusciter ces valeureux hommes et femmes, figures marquantes de l’histoire du Sénégal, tels que Aline Sitoé Diatta, Yacine Boubou, Senghor Souka Ndella, Lat Dior Diop…Mais aussi c’est l’occasion, pour elle, de rendre hommage à un père qui n’a connu la joie d’avoir une fille qu’une seule fois, à travers le titre : Adam Thioumbé.
Dans un mélange de mbalax et parfois d’acoustique, Adam Senghor sert son Deukeundo. Et c’est tout à sa gloire, mais aussi à la gloire du théâtre qui, comme elle se plait à le mentionner, a «façonné» sa voix. «Si aujourd’hui, je suis devenu chanteuse, c’est grâce au théâtre. Et contrairement aux artistes qui se plaignent parfois d’avoir perdu leur voix, moi ça ne m’arrive jamais. Je touche du bois», dit-elle
Adam Senghor annonce, par ailleurs, qu’elle organise les 22 et 23 juin prochain dans son quartier Yarakh, la 2e édition de son festival Musique Rek. A côté du plateau des musiciens, il y aura le concert live. Cette année, ce festival abritera une discussion autour des problèmes du secteur de la musique. «Nous prendront une journée pour tenir un forum, histoire de discuter de la musique, et pourquoi les chanteurs vivant à Yarakh restent méconnus. Nous invitons également la Sodav à aider les jeunes artistes à connaitre leurs droits», renchérit-elle.
aly@lequotidien.sn

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