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Après trois mixtapes, Bril fight 4 vient de lancer son premier album. Avec 15 titres, «Suba» qui est une autoproduction propose une incursion dans la nouvelle mouvance musicale du Jolof beat, mais sans renier l’appartenance de Bril au mouvement hip-hop.

Sur la scène musicale sénégalaise, il est petit à petit devenu incontournable. Auteur, compositeur, beatmaker, producteur, Bril Fight 4, Djibril Fall à l’état civil, vient de franchir un nouveau cap avec la sortie de son premier album Suba ce 20 septembre. Face à la presse ce mercredi, l’artiste que le public sénégalais a encensé après ses magnifiques prestations dans la bande originale de la série Pod et Marichou a mis en avant sa polyvalence. Cet album de 15 nouveaux titres surfe, selon Bril, sur la vague du Jolof beat mis à l’honneur par le groupe Maabo. «On est en train de créer une nouvelle pop sénégalaise avec nos instruments traditionnels pour faire un style sénégalais qui n’exclut pas le mbalax, mais qui n’est pas du mbalax», explique-t-il. Avant d’en arriver là, l’enfant de Thiaroye souligne avoir fait beaucoup de recherches, mais aussi s’être formé aux métiers de la musique. Depuis ses premiers pas en 2003 dans le groupe de rap Fight 4, il s’est bonifié. Et aujourd’hui, il assume sans complexe son style musical. Mais pour les besoins de l’album, Bril s’est quand même ouvert à quelques artistes comme Abdou Guité Seck et Clayton Hamilton.
Fruit d’une auto-production, l’album Suba est une plongée dans les tares de la société sénégalaise. Et c’est l’amour qui sert de guide au jeune chanteur pour explorer les mauvaises ondes qui entourent les unions sénégalaises. Dans Meunoul nekk, se faisant le porte-voix des mutilés du cœur, des jeunes Sénégalais vivant un amour interdit pour des problèmes de caste ou de religion, Bril rappelle aux parents que le cœur a des raisons incontrôlables. Mala bayi ci biir est la complainte d’un homme qui est au courant depuis longtemps de l’infidélité de sa femme, mais la garde secrète. Et Féweulé, une incursion dans les manigances des belles-familles, cause de la plupart des divorces.
Dans ce nouvel album, l’artiste développe tout une série de chansons sur les travers de la société sénégalaise. Ainsi, chante-t-il dans Bras long les difficultés pour certains de trouver un emploi. «Je suis un ancien de la Faculté des sciences de l’Ucad. On sait tous qu’ici au Sénégal, on a beau avoir les diplômes et les capacités, sans bras long, impossible de trouver du travail», dit-il. Mais dans le même temps, il invite les jeunes à rester droit dans leurs bottes et à persévérer. «Si jamais j’avais laissé tomber la musique, je ne serais pas ici aujourd’hui. C’était difficile au début, mais je me suis accroché et j’ai travaillé dur.» Rappeur, il a également tenu à faire plaisir à son public du hip-hop.
Après la sortie, Bril promet un clip par mois. Une façon, dit-il, de préparer son anniversaire au Grand Théâtre, prévu le 13 mars prochain. Avant cette date, quelques prestations sont déjà prévues à Dakar, Thiès et Saly.

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