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A Sudanese man works at a bakery in the capital Khartoum on January 5, 2018. Angry Sudanese queued outside bakeries in Khartoum as bread prices doubled overnight, with bakers blaming a government decision to stop importing wheat. Men, women and children had to wait for nearly an hour to to buy bread, while several bakery operators said price hikes on flour meant they would be forced to stop production entirely. / AFP PHOTO / ASHRAF SHAZLY

Une semaine après le début des protestations au Soudan contre la hausse du prix du pain, Amnesty international annonce que 37 personnes ont été tuées par les Forces de l’ordre durant les manifestations qui ont touché 12 villes et 10 Etats au Soudan. Cette contestation est l’une des plus importantes en trois décennies de pouvoir de Omar el-Béchir. L’opposition soudanaise a rejoint les manifestants, mais un important dispositif sécuritaire les a empêchés de progresser vers le Palais présidentiel comme ils avaient l’intention de faire hier.

Des centaines de manifestants ont essayé de converger vers le point de départ prévu pour cette grande marche du 25 décembre, vers le Palais présidentiel. La majorité des protestataires de Khartoum, empêchés par un dispositif important de sécurité, n’ont pas pu atteindre le lieu de rassemblement.
Ils ont été bloqués dans le centre-ville par des policiers et des forces anti-émeutes qui ont également pris position sur les toits des immeubles donnant sur les grandes artères de la capitale soudanaise. «Des francs-ti­reurs», dénoncent les manifestants.
La foule a scandé des slogans appelant à la démission du colonel el-Béchir, et réclamant la liberté et la démocratie. Les femmes assez présentes dans les protestations ont lancé des youyous, alors que d’autres manifestants appelaient les membres de la police à se joindre à eux. Mais les Forces de l’ordre ont usé de gaz lacrymogènes pour les disperser.
Des activistes ont posté des vidéos montrant des jeunes manifestants blessés à la tête ou à la poitrine. Le bilan de 37 morts recensé par Amnesty international risque de s’alourdir.

Grève générale
La grève a débuté lundi et s’est poursuivie hier pour réclamer le départ de Omar el-Béchir. Soutenu par l’opposition, un rassemblement de professionnels avait appelé à cette grève dans plusieurs secteurs, dont les médecins, les universitaires et les enseignants. Les manifestants tentent d’organiser une marche en direction du Palais présidentiel pour déposer une demande officielle exigeant le départ du Président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989.
Omar el-Béchir, quant à lui, n’a pas annulé son déplacement dans le gouvernorat d’Al-Gazira, au sud de la capitale, «accompagné de nombreux ministres», a annoncé l’agence officielle Suna. Une exposition qu’il devait visiter a été entièrement brûlée par les protestataires. Omar el-Béchir a alors dénoncé des traîtres, des agents et des mercenaires qui sabotent les institutions de l’Etat.
«L’Etat va entreprendre de vraies réformes pour garantir une vie digne aux citoyens», a promis lundi soir M. Béchir dans une première réaction officielle depuis le début du mouvement.
rfi.fr

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