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Le Directeur général de la Sodefitex, Ahmet Bachir Diop, a procédé, ces derniers jours, au lancement de la campagne de commercialisation, de transport et d’usinage du coton, du riz et du maïs. Une diversification qui se veut une option stratégique pour ne pas subir les risques liés à la monoculture du coton.

Le village de Saré Yéro Téning, dans la commune de Kandiaye, a eu l’honneur d’être la capitale du coton sénégalais ces derniers jours. Dans ce village, le Directeur général de la Société de développement et des fibres textiles (Sodefitex), Ahmet Ba­chir Diop, en compagnie d’une forte délégation, a procédé au lancement de la campagne de commercialisation, de transport et d’égrenage du coton. La campagne la plus précocement lancée depuis plus de 15 ans. Objectif, «permettre aux agriculteurs de se libérer très rapidement de leurs productions et en avoir le gain tout de suite». Amadou Tidiane Baldé, président du groupement des producteurs de coton (Gpc1), a empoché sur place 1 million 600.000 francs Cfa net pour avoir pesé 9,5 tonnes de coton de premier choix. De ce montant a été défalqué le prêt en intrants et matériels agricoles contracté pour les surfaces emblavées. Le jeune agriculteur, sourire aux lèvres, a informé que selon ses calculs, «le revenu net par hectare est à peu près de 250 000 francs. C’est beaucoup», s’est-il réjoui, mettant cela sur le compte de l’augmentation du prix du kg au producteur qui est passé de 255 francs à 300 francs pour le 1er choix, 260 francs pour le 2nd et 195 pour le 3ème. Expliquant cette augmentation du prix d’achat de l’or blanc, le Dg de la société cotonnière a déclaré : «Pour lutter contre le trafic des intrants subventionnés vers des pays limitrophes, nous avons demandé et obtenu de l’Etat du Sénégal de déporter la subvention des intrants du coton au prix au producteur. Ce qui nous a permis d’avoir ces prix compétitifs face à l’arachide et va permettre de faire bénéficier cette subvention aux véritables paysans. Et puis le prix actuel de vente des intrants est à peu le même que celui pratiqué dans la sous-région. C’est pourquoi nous notons moins de trafic d’intrants. Le rendement à l’hectare s’en est trouvé amélioré de 23 % dans la zone de Vélingara.»
Après cette localité, M. Diop et sa suite sont allés procéder dans le village de Koulinto, commune de Saré Coly Sallé, à l’ouverture de la campagne de commercialisation du riz. Ici également le producteur Amadou Ndilla Bal­dé du village de Saré Bourang, premier à vendre son riz, a obtenu rubis sur ongle un montant de 550 875 francs Cfa pour 4,46 t, soit un prix d’achat de 125 francs le kg. Ce sont retrouvés dans ce marché de Koulinto, des producteurs individuels ayant contractualisé avec la Sodefitex et n’ayant pas de prêt auprès de la Fédération des producteurs du bassin de l’Anambé (Feproba), structure avec laquelle la société cotonnière a signé des contrats d’achat de riz pour alimenter sa rizerie installée à Kédougou, au sud-est du Sénégal. C’est que, à en croire le Dg, «la rizerie de Kédougou a une capacité de 3000 tonnes. Une quantité de riz que l’on ne peut pas trouver sur place. Nous espérons collecter à Kédougou, près de 700 tonnes et près de 2000 tonnes seront collectées dans le bassin de l’Anambé. La transformation des produits agricoles c’est notre métier. Nous souhaitons, à terme, satisfaire les besoins en riz de l’usine de Kédougou sur place, ce qui va nous pousser à installer une rizerie dans l’Anambé». Les riziculteurs partenaires de la Sodefitex vont, en tout, empocher 340 millions de francs Cfa pour les 2 700 tonnes visées.
Ahmet Bachir Diop et ses équipes s’intéressent aussi au maïs. Pour cette spéculation, il a exprimé un besoin en achat de 1 500 tonnes pour alimenter sa minoterie basée à Tambacounda. Pour cette céréale, une somme d’argent de 142 millions de francs Cfa sera distribuée aux producteurs, 79 marchés créés pour 9 équipes d’agents.

20 000 tonnes de coton attendues
Les producteurs d’arachide du centre du pays sont aussi des partenaires de l’équipe commerciale du Dg Ahmet Bachir Diop. C’est dire que la diversification agricole est une réalité à la Sodefitex. Pour expliquer cette option, M.Diop a dit : «Nous, nous voulons une agro-industrie diversifiée et rentable. Cela pour échapper au diktat des cours mondiaux fluctuants du coton, faire face à la concurrence de l’arachide et de l’orpaillage et amoindrir les risques liés aux aléas climatiques qui sont, en réalité, responsables de la baisse, année après année, de la production de coton et, par conséquent, de la désaffection des producteurs.»
Malgré la longue pause pluviométrique enregistrée au mois de septembre, cette saison, la production cotonnière a légèrement augmenté. Elle passe de 15 000 t à 20 000 t de coton graines, soit un bond de 33%. Selon le Dg, les producteurs vont se partager la bagatelle de 3,6 milliards de francs. Les producteurs ne sont pas les seuls bénéficiaires des activités de la Sodefitex. Pour cette campagne, 765 marchés du coton sont créés avec 33 équipes d’agents mobilisés pour 740 emplois directs. Le gros de cette main-d’œuvre se trouve à l’unité d’égrenage de Vélingara, la plus importante au Sénégal. Au Fouladou sont créés 254 marchés du coton pour 14 équipes et près de 123 employés.
Le Sénégal, étant le plus petit producteur de coton de l’Afrique, a misé sur la qualité de son coton pour être compétitif dans le marché mondial. Tout est mis en place pour assurer une meilleure qualité au coton sénégalais : les conseils agricoles, les emballages en coton proposés et le prix attractif de 300 francs du coton de premier choix qui est un coton tout blanc, propre, exempt d’impuretés.
Le préfet de Vélingara, El Hadji Abdourahmane Ndiaye, tout comme le sous-préfet de Saré Coly Sallé, Daouda Sarr, ont apprécié positivement le système Sodefitex. A leurs yeux, «c’est un système qui marche, qui se soucie de l’amélioration permanent des offres de services et d’amélioration des revenus au profit des producteurs et des employés». Et puis d’inviter les jeunes à s’investir dans l’agriculture et à se rapprocher de la Sodefitex pour les emplois de manœuvre. Cela pour éviter les chemins risqués de l’émigration irrégulière.
akamara@lequotidien.sn

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