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Des étudiants de la 1e promotion en Master II d’architecture vont soutenir demain à Thiès leurs mémoires. Ce master est un co-diplôme réalisé par le Collège université d’architecture et l’Université de formation et de recherche des sciences de l’ingénierie de Thiès.

Les étudiants de la première promotion Master II en architecture du Collège université d’architecture de Dakar (Cuad) et l’Unité de formation et de recherche des sciences de l’ingénierie (Ufr/Si) de Thiès vont soutenir demain après-midi dans la Cité du Rail leurs mémoires. Cette promotion va porter le nom de feu Meïssa Fall, en hommage à ce docteur-ingénieur en Génie civil, directeur de l’Ufr/Si et décédé en 2015. «Il a été à la base de la création de l’Ufr/Si de l’Université de Thiès. C’est lui qui était à la base de l’idée de création du Collège université d’architecture de Dakar. Il nous a motivés et demandé d’ouvrir une école d’architecture pour ne pas laisser tomber le métier», a témoigné Mamadou Nabi Kane, directeur du Cuad, architecte de formation.
Une quinzaine d’étudiants en Master II, toutes nationalités confondues, dont des ingénieurs et des technologues ont commencé à soutenir depuis hier à Thiès. Deux futurs architectes, un Malien et une Sénégalaise, traiteront pour l’un de «L’habitat économique et écologique : le cas de Diamniadio» et pour l’autre d’«Une architecture contemporaine en terre : le cas du Mali».
Créé en 2008, le Cuad qui accueille 15 nationalités offre au Sénégal, selon son directeur, une formation en architecture pour combler le gap créé par la fermeture de l’Ecole inter-Etats d’architecture du Sénégal depuis 1991. «Après la fermeture de l’Ecole d’architecture inter-Etats qui a formé la majorité des architectes du Sénégal, les étudiants étaient obligés de poursuivre leurs études à l’étranger ou arrêter tout simplement. De 1991 à 2008, il n’y a pas eu d’école de formation au Sénégal», déplore M. Kane qui s’est confié à nous. L’ouverture du Cuad vise à combler le gap en école d’architecture pour offrir aux cabinets d’architecture et au Sénégal des techniciens supérieurs opérationnels et aux jeunes d’être formés dans des métiers porteurs.
L’établissement qui revendique une mission d’ordre public ne bénéficie d’aucun soutien de l’Etat. «On a besoin de construire, de plus de visibilité, de recruter plus de formateurs. Il serait aussi bon de permettre aux jeunes de bénéficier des bourses, vu le coût élevé des études en architecture», a soutenu le directeur du Cuad.
Onéreuses, les études en architecture n’étaient et ne sont toujours pas accessibles aux pauvres. Elles sont suivies par des enfants de riches dans des écoles privées. Au Sénégal, c’est grâce au concours de l’ex-Ecole inter-Etats d’architecture qui recrutait cinq élèves à chaque concours que beaucoup de jeunes avaient à l’époque pu embrasser la profession d’architecte. «Si l’école était subventionnée, on pourrait prendre les meilleurs des élèves dans les lycées sénégalais pour les former. Notre souhait est que cela ne soit pas réservé à une élite», plaide le directeur du Cuad.
ksonko@lequotidien.sn

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