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En allouant trois milliards au secteur des arts et de la culture dans le cadre du Force Covid, les autorités s’acheminent vers des moments agités. En cause la répartition de cette somme jugée déjà «insuffisante». En attendant la rencontre prévue aujourd’hui entre le ministre et les acteurs de la culture, chacun a déjà une idée de la clé de répartition à mettre en place.

Au lendemain du Conseil des ministres qui a entériné la décision, le ministre de la Culture et de la communication, Abdoulaye Diop, a fait l’annonce hier, lors du point spécial Covid du jour. «Le Président de la République, protecteur des Arts et des Lettres, a alloué, dans le cadre du Force Covid-19, 3 milliards de francs Cfa au secteur des arts et de la culture», a annoncé le ministre. La question que se posent les acteurs, c’est la répartition de ces fonds. Sur ce point, le ministre a donné quelques assurances. «Je voudrais aussi assurer à l’ensemble des acteurs que je veillerai à ce que tous les acteurs concernés puissent être pris en compte dans les démarches et concertations relatives à la gestion de ces fonds», dit-il. Abdoulaye Diop a aussi avancé des propositions pour la répartition des fonds. «Pour la gestion de ces ressources, deux types d’organes sont prévus», informe-t-il. Il s’agit d’un comité de pilotage dont la mission sera de définir les orientations et mécanismes de gestion du fonds, sa répartition par sous-secteur, mais également de superviser et de contrôler son utilisation par les différents bénéficiaires, en veillant à la transparence et à l’équité. Selon le ministre, «ce comité de pilotage sera essentiellement composé de représentants du ministère de la Culture et de la communication et sera, dans un souci d’inclusion et de transparence, ouvert aux représentants des différents sous-secteurs, choisis par les acteurs». D’un autre côté, il indique que les secteurs visés par ce soutien de l’Etat, le Cinéma, le Livre et l’Edition, le Patrimoine culturel et des Arts, installeront des sous-comités sectoriels qui auront pour mission de définir la liste des bénéficiaires suivant des critères d’éligibilité conjointement arrêtés avec les acteurs.

L’Ams espérait 6 milliards
Trois milliards pour les acteurs de la culture. La somme peut sembler modique surtout si elle doit être repartie entre tous les acteurs de la culture comme l’a annoncé le ministre Abdoulaye Diop hier. Du côté des acteurs, malgré la satisfaction exprimé par certains, les interrogations sont nombreuses. «3 milliards, c’est pas une somme négligeable mais elle risque d’être insuffisante. Mais comme ils ont parlé d’un appui spécifique, nous osons croire que c’est juste une première tranche», estime d’emblée le président de l’Association des métiers de la musique (Ams), Daniel Gomes. Fabacary Assymby Coly est cinéaste mais il se dit perplexe face à cette annonce. «3 milliards pour les acteurs culturels, 8 milliards pour le transport, 12 milliards pour la Diaspora, il y a un problème dans tout ça», dit-il. Malgré tout, la question du partage fait déjà réfléchir. Et du côté de l’Ams, la question a été évoquée il y a fort longtemps. Elle a même fait l’objet d’un document que l’association a partagé avec la tutelle. «On avait rencontré le ministre pour lui remettre un document élaboré sur la base d’une enquête menée par l’Ams avec tous ses partenaires du monde de la culture. On avait fait une estimation minimale qui tournait autour de 6 milliards pour tout le secteur culturel», indique Daniel Gomes qui précise que son association a également réfléchi à la clé de répartition de ces fonds. «On avait proposé que si la somme conséquente venait à être donnée, on avait dit que quoi qu’il en soit, on ne peut pas régler le problème de tout le monde. Mais qu’il fallait diviser cette cagnotte en 3 caisses : une pour les acteurs culturels les plus impactés, une autre pour les entreprises les plus impactées et une 3e qui allait servir à la relance du secteur». Seulement, le secteur culturel étant largement orphelin en matière de statistiques et de données fiables, difficile de quantifier les impacts subis par les uns et les autres. «C’est un secteur qui manque cruellement de statistiques mais on se dit que les gens qui seront dans le comité de pilotage sont des personnes ressources ou des responsables d’organisation qui, sur la base de registres, pourraient trouver une façon de repartir les fonds», souligne le président de l’Ams.

La question de la répartition
Depuis le mois de mars, presque toutes les représentations théâtrales ont été ajournées. A la tête de l’Association des artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots) de Dakar, Pape Faye, informe que la troupe qu’il dirige travaillait sur trois grosses représentations. «Nous avions déjà fait deux mois de répétition sur Nder en Flamme de Alioune Badara Bèye parce qu’il était prévu deux représentations le 7 mars dans le cadre de la journée de la femme au Musée des civilisations noires et le 24 mars, à Douta Seck. On avait aussi un mois de répétitions pour une pièce que nous devions jouer au théâtre Sorano et une autre pièce de Seydou Sow. Imaginez ce que ça nous a couté en termes d’énergie, de restauration, de préparation des costumes !» Se baser sur les agendas des uns et des autres pour définir le manque à gagner, la Direction de la cinématographie s’est aussi essayée à l’exercice. Le rapport sur les impacts du Covid dans le sous-secteur du cinéma et de l’audiovisuel en avril dernier, avait conclu à un manque à gagner pour les deux mois de 541 millions 612 mille francs Cfa. Seulement, cette façon de quantifier les impacts ne convainc pas trop certains cinéastes. Ils estiment en effet que dans la mesure où l’étude s’est basée sur des données fournies par les boîtes de production, les résultats sont quelque peu biaisés puisqu’une minorité de ces entreprises ont des employés. La plupart des gens qui travaillent dans le cinéma, sont des prestataires et aucun contrat ne les lie à ces boîtes, estiment-ils.
En tout état de cause, les acteurs culturels attendent beaucoup de leur ministre de tutelle quant à la répartition de ces fonds. Mais tous ont en tête, les polémiques qui ont accompagné la répartition de l’aide à la presse par le même ministère. «J’espère que tout sera fait dans la transparence avec la publication des listes», espère Fabacary Assymby Coly. «Il y a les chiffres croisés de la Sodav, de la Direction des arts, l’enquête de l’Ams. Le tout, c’est de savoir comment arriver à une répartition équitable. S’il y a des gens frustrés, qu’ils le soient de manière légitime, c’est-à-dire qu’on puisse expliquer ce qu’il a été possible de faire avec cette somme quand même trop faible pour couvrir tout le secteur», avance M. Gomes. Nul doute que la rencontre prévue aujourd’hui avec le ministre de la Culture devrait apporter un début de réponse aux préoccupations des acteurs culturels.

 

1 COMMENTAIRE

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