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En refusant de vendre un médicament sans ordonnance, Dr Cheikouna Gaye a agi par «respect de la déontologie» et de la loi, selon de jeunes pharmaciens qui tenaient une conférence de presse hier.

Ils se présentent juste comme des pharmaciens lambda. Face à la polémique née de l’affaire de la Pharmacie Fadilou Mbacké, Dr Nabiyoula Fall et 4 de ses confrères ont voulu sortir de l’anonymat pour «rétablir la vérité». Ils ont même écourté leur repos dominical pour faire face à la presse hier à la Pharmacie Aimé Césaire sise à Fann Résidence. «Depuis quelques jours, des affirmations graves et désastreuses sont véhiculées dans certains médias sur la vente de médicaments sans ordonnance», s’est d’emblée indigné Dr Nabiyoula Fall, pharmacien d’officine établi à Pikine.
Deux dispositions du Code de santé publique gravées sur une feuille et les pharmaciens justifient l’attitude du Dr Cheikhouna Gaye qui a refusé de vendre le «tétavax» au commissaire Bara Sangharé alors que ce dernier n’aurait pas une ordonnance. Le «tétavax» est un produit d’origine microbienne, ont-ils précisé avant de citer la loi. L’article 606 du Code de santé publique modifié par décret du 11 mai 1955 dispose : «Les virus atténués ou non, les sérums thérapeutiques, les toxines modifiées ou non et les divers produits d’origine microbienne pouvant servir sous une forme quelconque au diagnostic ou à la prophylaxie ou à la thérapeutique quelle que soit la forme sous laquelle ils sont présentés pour la vente, ne peuvent être débités à titre gratuit ou onéreux qu’autant qu’ils ont été l’objet de visa prévu à l’article 601.» L’article 607 ajoute : «Les produits autorisés visés à l’article précédant doivent être délivrés par les pharmaciens sur ordonnance médicale.»

«Responsabilité pénale, disciplinaire et civile»
Dr Fall souligne que le «tétavax» est un produit biologique extrait à partir de microbes pour la prévention d’une maladie grave et mortelle à savoir le tétanos. «Ce produit peut entrainer des effets secondaires graves tels que des réactions allergiques à type de chocs anaphylactiques. Ce produit ne peut être délivré sans ordonnance. On ne le dit pas pour défendre un confrère, on le dit parce que c’est inscrit dans notre Code de santé publique», poursuit le pharmacien. Pour lui, Dr Chei­khouna Gaye n’a pas décidé de ne pas donner le «tétavax» parce que «le commissaire ne lui plaisait pas” mais “a agi par déontologie et par respect des codes qui sont érigés par nos pairs et que nous appliquons de manière quotidienne dans nos officines», insiste Dr Nabiyoula Fall.
Ces jeunes professionnels de la vente de médicaments rappellent la «souveraineté» du pharmacien dans la délivrance d’une prescription médicale. «Aujour­d’hui, un professionnel de la santé (infirmier, sage-femme, chirurgien-dentiste) peut prescrire un produit qui n’est pas établi sur la liste dans laquelle il a le droit de le faire, nous en tant que pharmacien, on peut décider ne pas délivrer cette ordonnance», expliquent ces pharmaciens rappelant leur «responsabilité pénale, disciplinaire et civile» sur la vente de médicaments.
bgdiop@lequotidien.sn

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