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Le communiqué de presse, publié hier au nom du Cis pour soutenir Akilee dans son contentieux avec la Senelec, a mis le feu dans l’organisation dirigée par Babacar Ngom. Beaucoup des membres de l’organisation, dont certains du Conseil d’administration, s’indignent dans des échanges privés, de n’avoir pas été informés et de découvrir la chose quasiment en même temps que le grand public. Le président du Club des investisseurs, sans renier son Directeur exécutif, essaie de calmer le jeu et de noyer le poisson.

Le communiqué publié hier dans plusieurs journaux dont Le Quotidien, claironnant un soutien du Club des investisseurs sénégalais (Cis) à l’entreprise Akilee dans son bras de fer avec la Senelec, a créé un gros remous au sein de cette structure patronale. Le Quotidien a appris que plusieurs membres du Conseil d’administration, ainsi que des simples adhérents, se sont démarqués de cette démarche, dont ils ont affirmé ne pas comprendre la justification.
C’est d’abord en soi, la démarche qui a heurté certains. Alors que le communiqué de soutien était dans les rédactions en début de soirée (Le Quotidien a réceptionné le sien à 19h 00), nombre des membres du Conseil d’administration disent en avoir été informés par le Directeur exécutif Abdourahmane Diouf à 00h 30. Ils jugent que c’était une volonté de les mettre devant le fait accompli, pour ne pas leur permettre de faire corriger la chose. L’un des membres fera remarquer, avec un peu de dépit : «Par-delà la question du soutien aux entreprises nationales authentiques, il me paraît très grave qu’on puisse engager notre organisation et même décider de la publication dans la presse, sans un minimum de concertation préalable sur des sujets de cette importance.»
Cette question de concertation préalable est revenue souvent, d’autant plus, ont fait remarquer plusieurs autres membres, qu’une rencontre par vidéo-conférence, prévue pour la semaine écoulée, avait été annulée «par manque de questions à débattre», alors que la question du soutien à Akilee aurait pu servir de sujet. Ce qui pousse certains à affirmer que «soutenir une entreprise, fusse-t-elle membre du Cis, dans un différend dont certains parmi nous ignorent les tenants et les aboutissants, sans un avis concerté, validé par tous, est une erreur grave». D’autres se sont montrés même plus durs, n’hésitant pas à y voir «des histoires de bandes de copains», et opposant qu’un secteur privé fort ne devrait pas participer au dépeçage d’un outil public. Ces membres se sont même demandés si le Club des investisseurs sénégalais n’avait pas un problème de gouvernance, pour que le Directeur exécutif en vienne à vouloir imposer ses vues aux membres du Conseil d’administration, alors que c’est le contraire qui aurait dû être la norme. «Le secteur privé, pour être crédible et fort, doit être irréprochable et montrer l’exemple en matière de gouvernance».
Le Quotidien, pour sa part, a tenté de faire réagir le principal mis en cause, le Directeur exécutif. Néanmoins, il n’a pas pris notre appel ni réagi au message envoyé sur son portable, avant le bouclage de cet article. Toutefois, l’on sait par un membre du Conseil exécutif, qu’il a conseillé aux membres du Club, «d’attendre des informations qui (leur) permettront de (se) prononcer en connaissance de cause». Ce qui a fait bondir certains intéressés, qui ont trouvé cette manière de faire assez cavalière.
Mais il faudrait croire que le Directeur exécutif bénéficie sans doute, sur ce point, du soutien de son président. Babacar Ngom a invité tout le monde à la sérénité, et demandé qu’ils se retrouvent ensemble en visio-conférence en début de semaine prochaine, pour discuter de cette «affaire sensible». Une manière de noyer le poisson, en espérant que d’autres sujets viendraient occulter cela ? Pour sa part, la Senelec, prise à partie dans la sortie du Cis, a décidé de ne pas faire le dos rond, et répliqué dès aujourd’hui, par voie de communiqué dans des journaux également. Le Club relèvera-t-il le gant, ou va-t-il cette fois, laisser souffler le vent ?

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