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Le président du Conseil national du patronat (Cnp) a, à travers sa déclaration sur l’environnement de la compétitivité des entreprises,   fait un plaidoyer en faveur des privés nationaux, comme le groupe Wari, qui rachètent des entreprises pour que l’Etat les accompagne.

Le Conseil national du pa­tronat (Cnp) a encore plaidé pour que le secteur privé soit mieux soutenu par l’Etat. A ce propos, le président Baïdy Agne a commencé par l’acquisition de Tigo, filiale sénégalaise du groupe Millicom  par le groupe Wari. «C’est une première dans le secteur des télécommunications.  C’est une formidable op­por­tunité pour notre pays. Mais, il est difficile d’entreprendre au Sénégal en toute quiétude. Quand vous démarrez votre business, vous êtes bien seul. Très peu de portes s’ouvrent à vous. Quand vous grandissez, des voix s’élèvent. Pourquoi lui et non moi. Je le connais bien. Comment a-t-il fait ? C’est un prête- nom. Le dénigrement, le discrédit, la polémique, ils sont si nombreux à aimer ça… La haine de soi…, il est temps qu’on se décomplexe… », prescrit M. Agne, sous une salve d’acclamations des membres du Cnp. A ses yeux, «Wari qui est une présence du Sénégal dans 60 pays, a osé et a réussi». Et poursuit-il, «le parti de l’entreprise a bon espoir que notre Etat-entrepreneur pour son secteur privé national, notre Etat-régulateur du secteur des télécoms, n’attendra pas l’appel de Wari pour être à ses côtés et l’accompagner dans sa croissance». Car, estime Baïdy, «notre République protège toujours ses enfants… .
Nos fleurons nationaux, nos porte-drapeaux tricolores étoilés, ils existent, ils sont bien là nos privés nationaux. Ils in­novent. Ils rachètent des entreprises».
A son avis, «lorsque les privés sénégalais acceptent d’unir leurs forces, de se constituer en conglomérat national, tout est possible. Ensemble, ils peuvent prendre le contre-pied des appels d’offres et réduire la dépendance extérieure de notre secteur productif».

Dionne salue l’acquisition de Tigo par Wari
Ce plaidoyer semble retenir l’attention du Premier ministre. Mahammad Boun Abdalla Dionne qui présidait la cérémonie d’ouverture des assises de l’entreprise a indiqué que  la République est là pour tous ses citoyens. Et il en sera toujours ainsi. «Le Cnp a une voix audible et responsable, et nous avons bien entendu votre message. C’est le message d’éminents patriotes sénégalais qui ont choisi de prendre des risques et d’investir pour créer de la prospérité et des emplois. Le gouvernement n’a d’autre alternative que de vous accompagner. C’est notre choix», réaffirme le Pm. Avant d’ajouter que la récente acquisition du deuxième opérateur de téléphonie mobile par la plateforme financière africaine est à considérer dans cette perspective que le gouvernement salue.
Dans le secteur financier, le président du Cnp a fait aussi remarquer que «si l’assurance est le principal acteur pour la mobilisation de l’épargne inter­ne, la banque est le distributeur de cette épargne à travers le crédit». L’organisation patro­nale qui se considère comme étant le parti de l’entreprise rappelle que «qui contrôle ces deux secteurs contrôle l’économie nationale». Cependant déplore M. Agne, «notre pays est le 3e marché pour les primes d’assurance collectées dans la zone Cima. Il est ouvert aux compagnies d’assurance de diverses nationalités (ivoirienne, camerounaise et marocaine…. Elles sont là au Sénégal, alors qu’aucune compagnie d’assurance sénégalaise n’est installée dans ces pays».

Le Cnp prône des réformes dans le secteur financier
Ce constat, considère-t-il, appelle des réformes du secteur financier et trois orientations lui paraissent dignes d’intérêt dans ce cadre. Premièrement, il propose «une pause dans la déli­vrance de nouveaux agréments «banques et assurances» pour aider les privés nationaux du secteur financier à gagner en taille et faire face à la concurrence de grands groupes étran­gers». Deuxièmement, le chef d’entreprise juge nécessaire «de renforcer le dispositif de finan­cement des entreprises, notamment des Pme, en dotant la Bnde, le Fongip et le Fonsis de moyens conséquents leur permettant de remplir leurs missions». Cela, malgré les efforts importants qui ont été déjà accomplis par l’Etat. Et troi­siè­mement, il souligne «le besoin et surtout cette urgence pour les privés nationaux d’engager les concertations nécessaires pour constituer des grou­pes financiers de taille importante, compétitifs et pouvant permettre l’émergence de champions na­tionaux à l’instar des autres secteurs de notre économie».
Abordant l’exécution des chan­tiers de Diamniadio, Baïdy Agne a demandé au Premier ministre «d’œuvrer pour que cette nouvelle ville ne soit pas totalement ou en grande partie construite par l’importation de portes, fenêtres et autres produits de second œuvre en provenance de Chine, de Dubaïn etc». Pour le Cnp, la construction de cette nouvelle ville offre au secteur privé national cette grande op­por­tunité d’organiser et de renforcer les capacités des artisans-professionnels nationaux, ainsi que de créer des milliers d’emplois.
Dans ce même sillage, le Premier ministre trouve anormal même, que le Sénégal continue d’importer des clous. «Nous importons des clous. Quelle est la technologie qu’il y a dans un clou ?,» s’interroge Mahammad B. A. Dionne. Face à cette situation, le Pm préconise la création d’écosystème favorable au développement. «C’est comme ça que nous relèverons ensemble le défi de la balance de paiement de notre pays», estime le Pm.

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