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(Envoyé spécial au Burkina Faso) – Michael Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), a exprimé tout l’engagement de l’Oif à soutenir la Culture et surtout le cinéma africain. C’était lors d’une cérémonie en marge  du Fespaco 2017

En marge de la 25e édition du Fespaco, une cérémonie organisée à Ougadougou par l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) a drainé du beau monde. Beaucoup d’intellectuels, d’hommes et de femmes de culture de différents pays ont répondu, jeudi dernier, à l’invitation de Mme Michael Jean. A cette occasion, l’ancien ministre et non moins cinéaste malien, Cheikh Omar Sissokho, a lancé un appel pour que la Fédération panafricaine des cinéastes (Fepaci) dont il assure la présidence, puisse retrouver sa valeur au sein de l’Oif. Après avoir magnifié l’action du Président Abdou Diouf qui «avait ouvert les portes et a mis les choses en place, notamment la Fepaci avec le sens et les valeurs de l’Oif», il a invité Michael Jean à suivre la voie tracée par son prédécesseur. «Je reste convaincu que vous allez approfondir ce projet autour de la Fepaci, mais il y a une chose qu’il faut arriver à mettre en place, c’est la vraie identité de l’Oif, comme on l’a voulu à sa création», a mentionné Cheik Omar Sissokho.
Pour lui, l’Oif «doit être un espace d’humanisme, d’échange, de respect». «Nos pays souffrent et vivent des situations anachroniques, dans un siècle de lumière et de science…. Au sein de l’Oif cohabitent des pays extrêmement riches et des pays extrêmement pauvres. Mais l’échange ne se fait pas, le rapport de technologie ne se fait pas. L’Afrique est aujourd’hui la banque du monde grâce à ses ressources humaines, minières, ses terres… mais nous n’avons pas de ressources financières. L’Oif doit travailler à cela mais surtout à partir de la culture», a expliqué le président de la Fepaci. Précisant que dans la culture, «l’image est le symbole même de la communication sociale. C’est elle qui met en évidence la réalité». Et pour cela, il faudrait soutenir le cinéma, a-t-il fait comprendre. «90% des images qui passent sur nos écrans sont des images qui viennent d’ailleurs», a indiqué le président de la Fepaci, regrettant le fait que «nous importons des valeurs négatives des autres sociétés».

«L’essentiel à l’Oif doit être la Culture»
«On a parlé de diversité culturelle. Oui, nous voulons la diversité. Nous voulons les valeurs des autres pays. Mais les jeunes qui consomment ces images de violence, de sexe, de crimes, de drogues comment peuvent-ils comprendre les fondements de nos sociétés et construire leur devenir aujourd’hui pour réaliser demain l’avenir de notre continent ? IIs ne le pourront pas» s’est indigné le réalisateur malien. «J’ai vu ce que vous avez fait au Canada, au Mali… Donc vous pouvez y arriver. Mais il faut qu’au niveau de l’Oif on se dise que la Culture est l’essentiel. Comme le disait Senghor «La culture est avant tout». Car c’est elle qui nous permettra de comprendre l’essentiel des choses et d’avancer», a encore ajouté Cheikh Omar Sissokho.
Des appels qui ne sont pas tombés dans des oreilles de sourds. Puisque la secrétaire générale de l’Oif a, en réponse à ses déclarations, rappelé que «l’oif a toujours soutenu l’art et la culture dans une promotion de la diversité culturelle». «La culture est avant tout une arme de construction massive. Elle est un rempart contre l’obscurantisme et la barbarie. Nous tenons comme jamais à être à vos côtés, à répondre à vos attentes, à porter vos plaidoyers. Et dans la mesure du possible, de mille et une façons à vous aider à surmonter vos difficultés», a affirmé Michael Jean
Rappelant qu’outre la hausse des dotations des prix du Fespaco, l’Oif a soutenu 11 films sur les 19 en compétition, la secrétaire générale a magnifié l’apport de son organisation en soutien au rendez-vous panafricain du cinéma. «4 œuvres sur les 19 en compétition sont réalisées par des femmes et nous en sommes très fiers», a-t-elle également dit, promettant de renforcer l’appui de l’Oif à la production des films de cinéma et aux productions audiovisuelles. «Nous avons d’ailleurs augmenté l’enveloppe «Images de la Francophonie». Et nous continuerons à nous investir dans la formation des professionnels du cinéma», a rappelé Mme Jean, précisant que depuis 3 ans l’Oif s’investit également dans la valorisation du patrimoine audiovisuel… Notre ambition, dira-t-elle, «est de voir le cinéma africain faire une percée significative sur le marché international».
Michael Jean conclut son discours en avançant que «le Fespaco pour nous de la Francophonie, ce n’est pas seulement l’occasion de célébrer le cinéma africain. C’est aussi l’occasion de rencontrer les professionnels et de faire le point sur nos projets». «Cette mobilisation participe également au développement économique humain et durable de nos pays. Un projet en cinéma, un projet audiovisuel est aussi un projet économique viable», a-t-elle ajouté.

Les distinctions
Plusieurs lauréats du Concours de Pitch organisé par la Francophonie ont été primés. Parmi eux, Pape Abdoulaye Seck du Sénégal a reçu le 1er Pitch du long-métrage attribué par l’Oif et la réalisatrice Fatou Kandé Senghor, le pitch de la série Tv. Ceci lui permettra de réaliser son projet intitulé Wala Bokh. Il s’agit d’une série inspirée de son livre sur les cultures urbaines. Ce sera au total 32 épisodes de 26 mn chacune.

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