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«Nul n’est prophète chez soi.»  Ahmed Sylla infirme cette règle. Pour la dernière date de sa tournée sénégalaise, le Franco-Sénégalais a triomphalement conquis son public. Il a fait mourir de rire samedi passé, les nombreux spectateurs du Grand théâtre. Il a aussi réalisé le rêve d’un enfant tel un magicien et improvisé le renouvellement des vœux d’amour d’un couple. Récit d’une soirée riche en émotions.

Ahmed Sylla est un artiste avec un grand A. il l’a prouvé à la der de sa grande première au Sénégal. Il a réalisé le rêve d’un enfant et a improvisé le renouvellement des vœux d’amour d’un couple, entre autres faits marquants de la soirée de samedi dernier. Alors que le spectacle tirait à sa fin, l’humoriste a invité des enfants pour la scène finale. L’objectif était de faire danser les mômes, qui ont formé un demi-cercle, sur un tube de Youssou Ndour, le tout filmé et publié sur les réseaux sociaux. Mais c’était sans compter avec le caractère désordonné des bambins. Et, pour obtenir son demi-cercle, il a fallu que l’artiste fasse preuve de créativité : en se déplaçant et demandant à chacun son rêve, Ahmed les positionne alors là où il le souhaite. Mais une fille retient son attention. Celle-ci était inconsolable. L’artiste s’approche : «Ne pleure pas, on est en famille. Tu peux nous dire ton rêve.» La petite répond très émue : «C’est de voir Ahmed Sylla.» Cette réponse inattendue est sanctionnée par un standing-ovation. Tout le monde se met debout pour applaudir la petite fille qui était en ce moment dans les bras de l’artiste. Cela révèle à quel point l’humoriste a touché son monde.
Ahmed Sylla est désormais prophète chez lui. Cette scène de communion entre l’artiste et son public, sur fond d’émotion, s’est à nouveau reproduite lorsqu’il fait monter sur scène une femme qui informe être célibataire alors qu’elle est venue voir ce spectacle en couple. L’artiste finira par faire venir son compagnon pour une déclaration d’amour en public. «Je t’aime plus que tout au monde», a déclaré le monsieur à sa dulcinée sous les acclamations nourries du public qui pour cette deuxième soirée s’est déplacé en masse (Ndlr, la prestation s’est tenue vendredi soir). Il sonnait 21 heures passées quand Ahmed Sylla dans un jean moulant gris assorti d’un tee-shirt noir a fait son apparition sur la scène du Grand théâtre. Et pour ce spectacle assez exceptionnel, les techniciens ont mis les petits plats dans les grands pour des jeux de lumières parfaitement cadrés aux sketchs. Ceci a contribué naturellement à faire voyager l’assistance.

Un artiste avec un grand A
Perruque blonde sur la tête, Ahmed, dans un de ses numéros, s’est «déhanché» comme une fille s’exprimant également comme telle. Naturellement, cette scène ne sera pas filmée par le public. Mais l’humoriste va soudain saisir lui-même le téléphone des personnes qui ne veulent pas respecter cette règle et en profiter pour délirer sur les smartphones démodés. Cette parenthèse fermée, il ouvre une autre, puis une autre encore….Ce sera finalement une succession de fous rires où l’on retiendra par exemple que son père aime utiliser l’adjectif «cocasse» à tout bout de champ et qu’il n’est pas «avare en intelligence». Sa mère, elle, aime faire des blagues auxquelles on ne comprend rien.  Mais ce qui est le plus frappant dans cette soirée unique en son genre, c’est que la majorité du public connait les répliques de Ahmed par cœur. Cela prouve que bien qu’il vive en France, il est très suivi par ses compatriotes en Afrique. Il n’était pas rare d’entendre des anticipations de la leçon finale des sujets qu’il traite. Mais en bon génie de son art, l’artiste choisissait délibérément d’improviser et contourner certaines réactions du public. Tout ceci est toujours sanctionné par des fous rires. Au final, Ahmed Sylla est sans nul doute un artiste avec un grand A.
mgaye@lequotidien.sn

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