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«Apprenez à coder… et faites en sorte que vos enfants apprennent à coder…» : C’est l’un des messages du spectacle Black clouds qui se tiendra les 12 et 13 mai prochains au Grand Théâtre national de Dakar. Au plateau : quatre comédiens, deux Séné­galais, deux Belges et une envie de raconter avec force un grand conte contemporain dans lequel se chevauchent des narrations croisées et des destins partagés. Cette création du metteur en scène Fabrice Murgia s’est nourrie de rencontres et d’expériences. «Ici, c’est un atelier théâtral mené à Saly, au Sénégal, avec des comédiens locaux. Là-bas, ce sont différentes recherches autour des ‘’brouteurs’’, ces escrocs en ligne qui sévissent depuis la Côte d’Ivoire pour réclamer de l’argent à l’autre bout du monde. Plus loin, l’auteur a exploré la vie incroyable de Aaron Swartz qui, en octobre 2010, s’empare et cache un ordinateur du Massachusetts institute of technology pour télécharger et publier l’intégralité d’une base de données de publications scientifiques dont l’accès est payant en dehors des campus. Pour Aaron Swartz, ces articles, somme de la connaissance de l’humanité, doivent être accessibles à tous librement», narre un communiqué rendu public.
Le document précise qu’«à partir de cet instant, Aaron devient la victime d’un harcèlement incessant ordonné par le gouvernement américain qui veut en faire un exemple. Le gouvernement voit en effet pointer du nez l’influence que représentent les ‘’hack- tivistes’’ comme Aaron sur la population. Il est anéanti par la lourdeur de la procédure judiciaire et se suicide avant la tenue de son procès à l’âge de 26 ans». Black clouds crée ainsi un miroir entre les données brûlées par des enfants dans les décharges informatiques du Ghana et l’idéologie sordide de la Silicon Valley depuis l’espoir d’un internet pour tous jusqu’au trans-humanisme et la quête de l’immortalité. C’est un spectacle qui «métaphorise le tourisme sexuel, cette ‘’néo-colonisation des corps’’, pour traiter de la fracture numérique Nord-Sud : cette toile tantôt synonyme de partage d’informations et d’émancipation, tantôt de domination et d’asservissement». Black clouds relève le document de présentation, s’enfonce dans le deep web (ce web profond et invisible) et dans sa face plus sombre, le darknet, où la notion même de «frontière» n’a plus aucun sens et où tout un chacun est en mesure de s’acheter une arme, un faux passeport ou un organe. Black clouds, précise-t-on également, est «une plongée vertigineuse où la poésie, la musique et les images nous emmènent dans un ailleurs à la fois onirique et bien réel. En nous confrontant par petites touches à notre histoire personnelle et collective (le colonialisme, les migrations, l’injustice sociale…) entre un ‘’ici’’ et un ‘’là-bas’’ aux contours fascinants et improbables».

Rencontre presse
L’équipe du projet Black clouds qui sera à Dakar cette semaine rencontrera la presse nationale et internationale le mercredi 10 mai prochain à 10 heures au Grand Théâtre national. Ce sera une occasion pour Fabrice Murgia, formé au Conservatoire de Liège par Jacques Delcuvellerie et qui débuta comme acteur pour le théâtre, le cinéma et la télévision, de revenir sur son parcours et ses productions. Mais également, une équipe de formateurs évoquera le second volet de ce projet qui permettra de dispenser à Dakar des modules de formation au numérique.
arsene@lequotidien.sn

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