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Les droits de l’enfant sont souvent oubliés, parfois même bafoués. Pourtant, selon Christophe Blandin Estournet de Clowns sans frontières, eux aussi ont droit à l’enchantement et à l’émerveillement à travers la poésie. C’est d’ailleurs, à ses yeux, extrêmement important de la maintenir chez l’enfant. Au Sénégal, M. Estournet et ses amis ont redonné le sourire aux enfants de Sos villages.

Redonner le sourire aux enfants vivant des situations difficiles, c’est l’ambition de Clowns sans frontières. Au Sénégal depuis le 21 août dernier, l’association humanitaire et artistique basée en France a présenté hier aux enfants de Sos villages Dakar un spectacle alliant arts du cirque et arts urbains. Vice-président de Csf et chef de mission du projet, Christophe Blandin Estournet a expliqué les raisons du choix porté sur le Sénégal. «Clowns sans frontières est une Ong humanitaire et artistique, composée d’artistes bénévoles qui prennent sur leur temps des congés pour développer des missions soit auprès des enfants des rues, soit auprès des personnes déplacées comme les réfugiés. Mais au Sénégal, on a été invité à travailler sur la question des enfants talibés. Du coup, on a élargi en s’intéressant à la question des enfants en situation de privation de liberté, talibés, mais aussi les enfants dans des centres de rétention, des enfants dans les mines d’or ou les enfants en prison. Et les enfants des rues qui sont dans des situations difficiles», a-t-il confié.
Outre les artistes de Clowns sans frontières, ce spectacle a aussi vu la participation d’artistes sénégalais, à savoir Modou et Djiby de Sencirk et la graffiteuse et slameuse Zeinix d’Africulturban. «Pour nous, il était important de travailler avec des artistes sénégalais parce que le spectacle est franco-sénégalais», a expliqué M. Estournet. Et lors d’une mission de repérage effectuée en avril dernier, l’association a rencontré quelques artistes de Sencirk et Zeinix. «Comme on voulait travailler avec un beat-boxeur français, on s’est dit ce serait intéressant de travailler du côté des cultures urbaines et que le fait de trouver quelqu’un comme Zeinix, la seule fille qui fasse du graff et qui en plus est capable de slamer en français et en wolof, c’était intéressant». Avec une équipe toute équilibrée de 3 artistes français et 3 autres sénégalais, le chef de mission de Clowns sans frontières pouvait alors lancer son spectacle qui, du point de vue du contenu, consistait à égayer les enfants tout en délivrant des messages. «On invente ensemble le spectacle qui n’existe pas avant, on l’invente et le crée spécialement pour ici, avec le message qu’on veut délivrer ici», a souligné Christophe Blandin Estournet.
Durant le spectacle, les clowns ont abordé deux aspects importants. Le premier, c’est comment être maître de son destin. Et le second, le traitement des déchets, comment éviter la pollution… «Nous voulions montrer aux enfants que quand on est dans une situation difficile, il est toujours possible de la dépasser et aller vers un destin heureux. Pour cela, il faut être maître de son destin. Pour ce qui est de la question des déchets et de leur traitement, on voulait faire voir aux enfants qu’on peut éviter de polluer en rangeant ou en recyclant des objets.»
Quid de la mendicité ? «Là on en est au premier spectacle. La question de la mendicité n’est pas encore abordée frontalement, mais elle est abordée sur la question du destin. On peut prendre en main son destin et essayer de faire le pas de côté à partir d’un certain nombre de propositions. Ça fait partie du message d’ensemble», soutient M. Blandin Estournet.
Les Clowns sans frontières poursuivent leur mission au Sénégal jusqu’au 9 septembre prochain. Le spectacle présenté hier à Sos villages sera en tournée à Dakar jusqu’à samedi. Après, ce sera le tour de Thiès et Kaolack. «A Kaolack, on a une semaine de représentation et on va aussi faire une semaine d’ateliers avec la Dsp, le ministère de la Justice, le Samu social, l’Empire des enfants. On va faire toute une journée d’ateliers sur de l’initiation d’enfants et des travailleurs sociaux. Initiation au graff pour enfants, on accueillera aussi des travailleurs sociaux pour qu’ils puissent intégrer les pratiques et techniques», renseigne toujours le chef de mission. A en croire ce dernier, ce n’est là que le début d’une collaboration de 3 ans avec le Sénégal. Ce sera donc une belle occasion de raffermir le droit à l’enfance.
aly@lequotidien.sn

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