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Dans la 19e édition du rapport Africa’s Pulse de la Banque mondiale publié hier, les économistes ont noté une croissance un peu élevée et un contexte macroéconomique robuste dans les pays de la zone franc. Cette situation, selon Julio Ricardo Loayza, est imputable à «la stabilité du taux de change». A en croire l’économiste principal du bureau de la Banque mondiale au Sénégal, «le taux de change est stable, parce qu’il est défini comme fixe par rapport à l’euro». Avoir un taux de change fixe, selon le fonctionnaire de l’institution de Bretton woods, a des avantages et des désavantages. Parmi les avantages visibles figure la stabilité. «On peut comparer la situation macroéconomique en général surtout par rapport au taux de change et à l’inflation des pays qui ont une monnaie propre et des pays comme le Sénégal qui partagent une monnaie centrale et régionale très forte et qui est fixée en plus à l’euro. La différence est claire, les pays qui partagent le franc Cfa ont une stabilité monétaire pus forte et cela est bon pour la croissance», a développé le spécialiste pour le Sénégal. Cependant, souligne-t-il, un taux de change fixe diminue la capacité d’un pays à réagir aux chocs. «S’il y a des chocs, on ne peut pas ajuster le taux de change par définition, parce qu’il est fixe. Cela veut dire que les autres piliers macroéconomiques, en particulier la politique budgétaire, doivent soutenir tout effort d’ajustement, donc l’équilibre est compliqué mais dans l’histoire et en voyant un peu la structure du Sénégal, apparemment on a eu plus d’avantages que de désavantages», a expliqué M. Loayza, en marge de la présentation de la dernière édition du rapport Africa’s Pulse.

Croissance des pays d’Afrique subsaharienne revue à la baisse
La 19e édition revoit à la baisse la croissance des pays d’Afrique subsaharienne à 2,3 % en 2018 contre 2,5 % en 2017. Pour la 4e année consécutive, l’économie progresse moins vite que l’accroissement démographique. Malgré des prévisions régionales plus favorables pour 2019, qui tablent sur un rebond à 2,8 %, la croissance ne parvient pas à franchir la barre des 3 % depuis 2015, selon le rapport.
Le document semestriel de la Banque mondiale, consacré à la conjoncture économique africaine, s’est penché en outre, sur l’incidence de la fragilité sur la croissance en Afrique subsaharienne et sur le rôle que l’économie numérique pourrait jouer pour redynamiser le continent.
«La transformation numérique peut apporter à l’Afrique subsaharienne une hausse an­nuelle de la croissance de pratiquement deux points de pourcentage et permettre un recul de la pauvreté de quasiment un point de pourcentage par an», a indiqué Albert Zeufack. L’éco­nomiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique, qui animait une vidéo-conférence dans le cadre de la publication du rapport, d’affirmer : «C’est une révolution qui changera véritablement la donne en Afrique.»
Selon le rapport, la baisse de la croissance contredit également les bonnes performances de plusieurs économies de plus petite taille, en progression constante.
ksonko@lequotidien.sn

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