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Ces cinq dernières années, la couverture vaccinale de routine en Afrique subsaharienne a stagné à 72%. Un état de fait qui expose les populations aux maladies évitables par la vaccination et aux épidémies. Les experts mondiaux présents à la réunion semestrielle du Groupe consultatif technique régional sur la vaccination exhortent ainsi les pays africains à renforcer leur vaccination de routine. Insistant sur son importance, ils rappellent qu’en Afrique subsaharienne, près de «31 millions d’enfants de moins de cinq ans sont atteints chaque année de maladies évitables par la vaccination. Plus d’un demi-million d’entre eux meurent, faute d’accès aux vaccins dont ils ont besoin», précise le communiqué. Et la directrice régionale du bureau de l’Oms d’ajouter qu’en vaccinant les enfants, «nous ne nous contentons pas de prévenir les maladies et de sauver des vies, nous garantissons aussi aux enfants l’accès à l’éducation qu’ils méritent et nous rendons à leurs familles un temps précieux, parce qu’elles n’ont plus à effectuer de longues visites à l’hôpital. La vaccination libère aussi des ressources publiques limitées», rappelle Dr Matshidiso Moeti. Des données de l’Oms indiquent que les maladies et les décès dus aux maladies évitables par la vaccination coûtent à l’Afrique subsaharienne 13 milliards de dollars par an. «Des sommes qui pourraient être affectées au renforcement des systèmes de santé et au développement des économies», lit-on encore dans le document. Conscients de cela, en 2017, des chefs d’Etat de tout le continent avaient approuvé la Déclaration d’Addis Abeba sur la vaccination. Un engagement historique visant à faire en sorte que chaque enfant en Afrique, quelle que soit sa situation économique, ait accès aux vaccins.

13 milliards de dollars
D’ailleurs cette année, le Bureau régional pour l’Afrique de l’Orga­nisation mondiale de la santé, en partenariat avec la Commission de l’Union africaine, publiera un rapport sur l’état d’avancement de la mise en œuvre des engagements de la Décla­ration d’Addis Abeba. Le rapport fera le point sur les progrès accomplis au cours des deux dernières années. Il mettra aussi en lumière les lacunes et formulera des recommandations pour orienter les progrès dans le renforcement des systèmes de vaccination.
La réunion des experts régionaux a été aussi une occasion unique d’évaluer les besoins actuels et futurs en matière de vaccination en Afrique. «Nous avons recensé ce qui peut et ce qui doit être fait pour assurer l’avenir de millions d’enfants sur ce continent», annonce la présidente du Ritag, le Pr Helen Rees. Les experts ont également souligné l’importance d’accroître les investissements nationaux en matière de surveillance des maladies et la nécessité d’un engagement communautaire pour favoriser le déploiement de vaccins lors des épidémies. «Le fait que la plupart des pays d’Afrique subsaharienne continuent de dépendre de fonds extérieurs pour le financement de la vaccination est un bon indicateur du travail qu’il reste à faire», a déclaré Dr Richard Mihigo, coordonnateur du programme Vaccination et mise au point des vaccins au Bureau régional de l’Oms pour l’Afrique qui ajoute que «les gouvernements ont un rôle central à jouer pour combler les déficits de financements à venir et veiller à ce que les programmes de vaccination demeurent solides et vigilants», recommande-t-il.
Les experts de la vaccination réunis à Brazzaville ont également évoqué la situation actuelle de l’épidémie d’Ebola au Rdc. Ce pays est confronté à la deuxième plus vaste épidémie d’Ebola de son histoire, avec plus de 650 cas confirmés à ce jour. Malgré les difficultés d’accès aux zones de conflit, «près de 60 mille personnes ont été vaccinées, dont près de 20 mille agents de santé et travailleurs de première ligne», souligne le communiqué de l’Oms. Les experts se sont intéressés à d’autres maladies comme la polio en passe d’être éradiquée. «Le dernier cas de poliovirus sauvage en Afrique a été signalé en août 2016 dans l’Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria. Si aucun nouveau cas n’est détecté dans le pays d’ici août 2019, l’Afrique atteindra l’objectif d’éradication du poliovirus sauvage», affirme l’Oms qui se désole de la baisse des fonds investis dans la lutte contre la maladie. «Entre 2016 et 2019, le budget mondial de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite a diminué de plus de moitié, passant de 322 à 153 millions de dollars», énonce l’Oms.
ndieng@lequotidien.sn

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