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L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) s’est penchée sur les conditions de vie des ménages sénégalais. Il ressort de cette étude que très peu de ménages, 12,4%, sont satisfaits de l’infrastructure routière reliée à leur localité.

La vie est plus chère à Dakar que dans le reste du pays. On le savait déjà, mais un rapport d’enquête de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) vient le confirmer. Celle-ci qui porte sur les conditions de vie des ménages s’est basée sur une nouvelle approche subjective du développement. L’Ansd s’est ainsi intéressée à un ensemble de facteurs relatifs à l’accès aux infrastructures et services sociaux de base pour mesurer le bien-être des Sénégalais. Il en ressort que sur le plan des infrastructures routières, beaucoup reste à faire puisque seuls 12,4% des ménages pensent que les routes reliées à leur localité sont de très bonne qualité et 34,2% les jugent de bonne qualité. En effet, seuls 49,3% des ménages ont accès à des routes bitumées, les autres se contentant de pistes.
«Les infrastructures ou services perçus comme les moins proches sont les marchés hebdomadaires (37,6%), les stations d’essence (46,3%) et les banques (48,5%). La même configuration est presque observée selon le milieu de résidence», note le rapport qui conclut que sur le plan économique, Dakar remporte la palme en matière de dépenses des ménages. «Les dépenses non alimentaires, effectuées par les ménages au cours des 30 jours précédant l’enquête, sont évaluées à près de 126 milliards de francs Cfa dont 58 milliards pour le milieu rural, soit 45,9% du total des dépenses. Cependant, on note que les dépenses moyennes des ménages sont plus importantes à Dakar urbain. En effet, un ménage de Dakar urbain a dépensé en moyenne 104 mille 101 francs Cfa, soit 23 mille 423 francs Cfa de plus qu’un ménage des autres zones urbaines et 17 mille 347 francs Cfa de plus que celui rural sur la même période.» Plus chère, Dakar est également la ville où l’on compte le plus de locataires. «Si la grande majorité des ménages ruraux (90,4%) sont propriétaires de leur logement, en milieu urbain, particulièrement à Dakar, la location reste très importante. En effet, près de la moitié (45,9%) des ménages qui y résident sont locataires, alors que dans les autres milieux urbains, la location ne concerne que 2 ménages sur 10 (20,4%). Les ménages urbains propriétaires de leur logement sont estimés à 50% et 74,2%, respectivement à Dakar urbain et dans les autres zones urbaines», note l’Ansd. De façon globale, l’Ansd note qu’en moyenne, avec l’effet de la taille des ménages et de la cherté de la vie en milieu urbain, «un citadin dépense en moyenne plus qu’un rural, surtout à Dakar. En effet, un citadin de Dakar débourse en moyenne 14 mille 479 francs Cfa, contre 9 173 francs Cfa et 7 597 francs Cfa, respectivement dans les autres zones urbaines et en milieu rural».
Selon le milieu de résidence, la taille moyenne d’un ménage décroît avec le degré d’urbanisation. «Si en moyenne un ménage sénégalais compte 10 individus, ce nombre est de 12 en milieu rural, 10 dans les autres villes et 8 en zone urbaine de Dakar», note le rapport. De plus, en milieu rural, seuls 2,8% des ménages sont composés de moins de 5 personnes.

Des pensions de retraite comme source de revenus
Bien que chère, Dakar est aussi une ville ou règne la précarité. Le rapport note ainsi un nombre élevé de ménages qui ont pour source de revenus leur pension de retraite, alors qu’en milieu rural, après les activités à leur propre compte (plus de 78%), les activités agricoles sont la seconde source de revenus la plus représentative (35,2%), tandis qu’en milieu urbain, ce sont les salaires (46,2%) qui viennent en seconde place. Les ménages de Dakarois sont aussi ceux qui dépensent plus que les autres. «Ils ont dépensé en moyenne 982 mille 822 francs Cfa, soit presque deux fois plus que les ménages ruraux et ceux résidant dans les autres milieux urbains», note le rapport.
De plus, si en milieu rural l’essentiel des dépenses non alimentaires sont consacrées à la réfection et réparation de maisons et au paiement des factures d’électricité avec 19,2%, à Dakar c’est l’achat de crédit mobile qui grève les budgets, car atteignant 25,4%, soit la plus importante des dépenses après celles consacrées à la réfection et réparation de maisons (37,0%).
mamewoury@lequotidien.sn

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