PARTAGER
Aminata Mbengue Ndiaye, ministre de l’Élevage...

Aminata Mbengue Ndiaye répond par le mépris après avoir proposé un statut spécial pour la ville de Dakar. Mais c’est parce que tous ou presque ont assimilé son idée à celle du journaliste Cheikh Diallo qui plaide pour la nomination du maire de Dakar par décret présidentiel. Ce silence de la présidente du Hcct indispose le pouvoir.

Derrière son silence, il y a du bruit. Après avoir proposé un «statut spécial» pour Dakar, Aminata Mbengue Ndiaye reste zen face aux attaques. Elle observe le cours de l’espace politique avec ses détracteurs qui ne la ménagent pas. Du Parti socialiste à la coalition Benno bokk yaakaar (Bby) en général, la rengaine fétiche au Fc Liverpool «you will never walk alone» est inadaptée pour elle. La Sg du Ps doit marcher seule, sans défense. Bien que quelques-uns de ses proches tente de faire des «précisons», «mises au point» et «recadrages». «Depuis quelques jours, certains, notamment nos alliés de l’Apr, polémiquent sur les propos de Mme Aminata Mbengue Ndiaye, présidente du Hcct et par ailleurs Secrétaire générale du Ps. (…) Et dans son propos qui est même rendu public, il ne s’est nullement agi de nommer le maire Dakar et ceux des autres capitales régionales», tente de recadrer Fakha Touré, porte-parole du Mouvement national des jeunesses socialistes qui voit des attaques «crypto-personnelles» envers leur Sg. Lors du dernier Secrétariat exécutif national (Sen) du Ps, le 13 février dernier, elle a demandé à tous les Socialistes de ne pas évoquer la question avant les journées d’hommage à Ousmane Tanor Dieng prévues les 21 et 23 février. Une stratégie de communication pour ne pas noyer cet événement dans une éventuelle clarification. Il est bien évident que la présidente du Hcct n’a jamais détaillé son «statut spécial» pour Dakar.

La comparaison troublante entre Cheikh Diallo et Aminata Mbengue Ndiaye
Seulement la nomination du maire de la capitale, un temps agitée par un analyste politique, a vite été liée à sa proposition. Et c’est ainsi qu’est c’est parti comme une possibilité. A moins qu’elle ne le démente officiellement -ce qui n’est pas encore le cas-, sa proposition ressemble pratiquement à celle de Cheikh Diallo. Mais les termes de comparaison étaient si identiques que la présidente du Hcct doit clarifier le contenu quelle voudrait mettre dans on «statut spécial». L’ex-théoricien de la Génération du concret avait déclaré dans l’émission Grand Jury de Rfm du 10 novembre 2019 : «Il est dans l’intérêt des Dakarois que la capitale soit administrée par un délégué ministériel nommé par décret présidentiel et qui siégera en Conseil des ministres pour y défendre le budget et les intérêts de la ville de Dakar à l’image du gouverneur du district d’Abidjan ou des délégués gouvernementaux de Douala et de Yaoundé.» Aminata Mbengue Ndiaye a donné l’exemple des mêmes pays le 7 février dernier, lors de la première session ordinaire de l’institution en 2020. Mais l’on peut admettre qu’elle est bien dans le thème de «l’équité territoriale», thème de ladite session. «Le statut de la ville de Dakar n’a pas évolué alors que des villes-capitales politiques et économiques comme Yaoundé, Yamoussoukro, Doua­la, Lagos disposent d’un statut particulier à la hauteur de leur taille et à la dimension de leurs ambitions. Dakar doit avoir un statut particulier.» En citant les mêmes villes que l’ex-conseiller de Karim Wade, Aminata Mbengue voit légitimement ses détracteurs faire le rapprochement. Et à force de garder le silence, la polémique va enfler.

Campagne de correction des Apéristes
Beaucoup ont pensé que cette idée de nommer le maire de Dakar par décret était un ballon de sonde du pouvoir. «En tant que présidente d’institution, on ne peut pas soutenir cette proposition sans l’aval du Président Macky Sall», avait dit Barthélemy Dias à l’émission Yoon wi de la Rfm. Mais si le chef de l’Etat était derrière cette idée, l’on aurait vu les responsables de la majorité porter ce ballon comme ils savent bien le faire. Ou tout au moins, le pôle de la majorité qui siège dans la commission du dialogue politique aurait porté cette. Il reste à savoir si la commission de la décentralisation, entité du comité de pilotage du Dialogue national, posera le débat. Or, jusqu’ici, il n’y a pas une seule voix du pouvoir qui est favorable à cette formule qui, il faut le souligner, n’est pas une nouveauté. Au contraire, comme une campagne de rattrapage et de correction, les membres de l’Apr sont montés au créneau le week-end dernier pour «laver» leur patron. Abdou Mbow, Mame Boye Diaw ou Moustapha Cissé Lô ont désapprouvé la proposition attribuée à la Ssecrétaire générale de l’Union régionale du Ps à Louga.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here