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Le plus célèbre des savants contemporains est mort. Stephen Hawking, le sympathique physicien britannique, est décédé ce 14 mars 2018 à Cambridge. Destin étrange et exceptionnel que celui de cet étudiant de Mathématique à l’Université de Cambridge qui, dès les années 60, commence à montrer dangereusement les signes d’une maladie qui, selon les mystères de la vie et la complexité de l’homme, fera de lui l’image sympathique et stoïque du savant handicapé qui espère mourir d’ici peu et ne prend plus la peine de faire des études doctorales qui seront brutalement stoppées par la mort.
Mais il n’en sera rien grâce à son maître, le fameux William Dennis Sciama, qui l’encouragea en le soutenant jusqu’à ce qu’il soutienne brillamment sa thèse de doctorat d’Etat. Mais c’est le mariage avec Jane Wilde qui sera déterminant pour sa vie (ils eurent trois enfants). Torturé par la sclérose latérale amyotrophique à début limbique ou maladie de Lou Gehrig, et en France, la maladie de Charcot. Ironie du sort, son père a toujours voulu qu’il devienne médecin, il dirigeait la division de parasitologie de l’Institut national de la recherche médicale. Le mal qui rongeait son fils progressa au fil des ans. Stephen Hawking finira complètement paralysé et perdra l’usage de la parole à la suite d’une trachéotomie pour mieux respirer.
Stephen Hawking a certainement très tôt compris par intuition suivie de calculs mathématiques, qu’avant ce temps-ci, il y avait un autre temps, et ses intérêts pour les théories physique et mathématique qu’il a élaborées se situent en ce temps premier. Mais la question brûlante est s’il existe ou non une discontinuité entre ces temps «périodiques». Nous touchons aux limites de la physique quantique pour verser dans la métaphysique. Stephen Hawking doit son succès non seulement à son génie, mais aussi et surtout au fait qu’il a compris que les choses se passent devant, dans la projection théorique. Cette attitude intempestive lui a empêché d’obtenir le prix Nobel, puisque la question qui a toujours brûlé les lèvres est comment l’un des plus grands physiciens depuis Einstein n’a pas eu cette distinction prestigieuse. La vérité est que Hawking, qui est au passage un féru du calcul et de la démonstration, n’est pas un plat adepte de la proposition de preuves immédiates et soi-disant concrètes.
Le public l’a adopté parce qu’il s’est évertué à quitter le temps de la science dure, trop sérieuse et lointaine pour nous familiariser avec les théories les plus complexes, avec son ouvrage Une brève histoire du temps, publié en 1988. Il a su être en phase avec cette époque-là, l’époque des grandes interrogations sur la physique, la métaphysique et nos origines que les philosophes actuels seraient incapables de «résoudre», puisqu’en philosophie il n’y a pas de résolutions d’équations. Les physiciens, mathématiciens et métaphysiciens seraient-ils les philosophes d’aujourd’hui ? Quoi qu’il en soit, les écrits de Hawking sur les trous noirs et le fameux Big-Bang sont troublants pour nos interrogations existentielles. Hawking a démontré que la théorie de la relativité générale de Einstein implique que l’espace et le temps ont eu un commencement qui est le fameux Big-Bang, et une fin qui sont les trous noirs. Mais la révolution Hawkinguienne est que les trous noirs ne sont pas si noirs que cela, ils sont capables de rayonnement, c’est-à-dire qu’ils sont source de lumière. Les réactions de la communauté scientifique restèrent en partie mitigées puisque cette découverte peut renforcer certaines thèses mystico-religieuses et spiritualités vivantes qui ont toujours professé que nous sommes des enfants de la lumière, nous avons pré-existé au Big-Bang, même si Hawking s’est déclaré athée en 2014. Allez savoir ce que signifie «Athée» dans la bouche d’un super-physicien dont l’âme et l’esprit voguent constamment au-delà des étoiles. «Il n’y a pas de trou noir… le concept de trou noir est incompatible avec la physique quantique», dira-t-il en 2014.
Mais le plus terrible est «La théorie de la singularité» comme origine de l’univers et «La théorie du tout» qui veut unifier les forces physiques qui sont au nombre de quatre, elles ne peuvent que troubler et secouer celui qui cherche ses propres origines, qu’il soit croyant en Dieu ou pas. A la fin de sa vie, ses interrogations sur la possibilité de voyager dans le temps et sur l’existence d’univers multiples et des êtres extra-terrestres le placent au sommet du risque scientifique. Génie ou pas, Stephen Hawking n’était pas simplement un physicien entouré de machines à calculer, ce fut une âme qui s’interroge et qui, selon les lois astrologiques qui nous dépassent, a choisi de quitter ce corps malade le 14-03-2018, qui tombe juste à la journée de pi et le jour anniversaire de la naissance de Albert Einstein.

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