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Conciliant fermeté, élégance et éloquence, tout comme il maîtrise l’art de connecter le spirituel et le temporel, le responsable moral du Dahiratoul Mousta­rchidine wal moustarchidaty (Dmwm) détient le secret d’une certaine une stratégie éducative, face à la politique culturelle d’assimilation inaugurée par l’administration coloniale. Une méthode qui a suscité une réflexion approfondie du Professeur de communication, Mame Cheikh Ndiaye, Coach en développement personnel et chroniqueur.

La stratégique éducative des différents guides religieux du Sénégal est souvent occultée par les innombrables éloges à l’endroit de leurs personnes. Celle de Serigne Moustapha Sy Al Makhtoum ne laisse pas indifférent Mame Cheikh Ndiaye. Le Coach en développement personnel, auteur d’une réflexion approfondie, s’est surtout penché sur un aspect rarement pris en compte par bien des spécialistes. A savoir la «philosophie culturelle» de Serigne Moustapha Sy. D’emblée, le Professeur de communication et chroniqueur, précise : «Ce n’est pas la culture en tant que telle, Serigne Moustapha, en 1989, lors de son discours durant «L’année de la Jeunesse»», avait redéfini le concept de culture. Il avait dit : «C’est synonyme de valeurs et pas seulement de connaissances».» Pr Ndiaye argumente : «Quand vous avez des diplômes aujourd’hui on vous considère comme un homme de culture. On peut être un apprenant, ou bien tout au plus un intellectuel, parce que vous réfléchissez et vous analysez. Mais la culture, selon la philosophie de Serigne Moustapha Sy, c’est une autre dimension.» Pour lui, «la culture est à la fois le savoir, la discipline, l’évolution et le sens de l’organisation». Mame Cheikh Ndiaye décortique : «Pour le savoir, il disait dans un discours que «le domaine du savoir et de la science dépasse de loin la sphère du langage et de son code écrit. Il ne doit donc pas être limité à un apprentissage ultra muros».» Pour dire que «Serigne Moustapha n’accepte pas le cadre ultra muros du savoir et de la recherche que d’aucuns confinent entre quatre murs, à savoir l’école ou l’université». Parce que pour lui, «on peut apprendre de toute chose». C’est d’ailleurs pourquoi, dit-il, «dans le cadre du mouvement, les fidèles moustarchidines acceptent d’écouter des gens venus d’ailleurs et qui apportent d’autres connaissances».
S’agissant de la discipline, le chroniqueur, Mame Cheikh Ndiaye, pense que c’est le «comportement». C’est pourquoi, dit-il, «en pleine pandémie, le mouvement organise un ziar, des burds et le gamou. Lesquels évènements drainent des milliers de fidèles. C’est parce qu’ils sont assez préparés en matière de discipline quoi qu’on puisse leur reprocher». Que dire de «l’évolution» qui est synonyme de culture ? «Le fidèle moustarchidine évolue en fonction du temps. C’est pourquoi, disait Serigne Moustapha Sy : «On ne doit pas confondre retour à la source et revivre le passé.».» Parce que, trouve Mame Cheikh Ndiaye, «il y a toujours des gens qui sont en train de vivre le passé». En clair, souligne-t-il, «il s’agit de puiser à la source, être membre du mouvement, tout en faisant de l’ouverture en s’affichant dans les médias, en travaillant dans les Ong, en faisant de la politique entre autres…».
Outre la stratégie culturelle, le Dahiratoul moustarchidine wal moustarchidate (Dmwm), selon le professeur en communication, Mame Cheikh Ndiaye, est un mouvement spirituel. Il explique que «le moustarchidine s’inspire de l’héritage d’Abraham sur le plan religieux, du legs de Insa sur le plan culturel, du patrimoine de Moussa sur la plan politique et le Prophète Mohamad (Psl) vient pour être la synthèse». Pour faire remarquer, «il n’y a pas de différence entre le moustarchidine qui porte sa tenue blanche pour aller aux Champs de courses et le fidèle-talibé qui porte sa tenue vert blanc pour aller au meeting du Pur. C’est ainsi que Serigne Cheikh disait : «L’astronaute qui marche sur la lune n’est pas plus responsable que le cultivateur qui contemple l’étendue de son champ. Ils sont pareils.» C’est comme ça que fonctionne le mouvement. Aller à une nuit de vendredi comme aller au bureau, dans un stade pour regarder un match de football, c’est du pareil au même. On est dans de la spiritualité. Tout ce que le fidèle moustarchidine fait c’est de ne pas être loin de sa source». Dans ce sillage, il analyse, «c’est ce côté spirituel du mouvement que beaucoup de gens n’ont pas vraiment saisi. Ils veulent juste se limiter à l’aspect religieux, c’est pourquoi ils ne veulent pas que le mouvement se mêle de la politique».
Abordant justement la question politique, Mame Cheikh Ndiaye d’insister sur un aspect important, relatif à «la continuité de la mission de Serigne Cheikh que Serigne Moustapha Sy est en train d’assurer». Et d’indiquer : «Toutes les positions et toutes les critiques contre la philosophie de Serigne Moustapha Sy, équivaudraient à s’attaquer à la philosophie de Serigne Cheikh Tidiane Sy.» Parce que, remarque-t-il, «aujourd’hui les Sénégalais ont accepté cette dite philosophie de Al Makhtoum. Partout dans les medias, les réseaux sociaux, on partage ses écrits et ses conférences. Il faut donc montrer qu’il n’existe pas de différence entre le père et le fils, il y a eu juste une continuité parce que Serigne Cheikh a enseigné que «la relève est synonyme de continuité et non de rupture». Et c’est cette continuité que Serigne Moustapha Sy est en train de poursuivre. Le Pur est là mais Serigne Cheikh avait créé le Parti de la solidarité sénégalaise (Pss)». C’était le 1er janvier 1959.

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