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Ab­dou­laye Daouda Diallo ministre de l’Intérieur

Le Sénégal s’est doté  d’une nouvelle Lettre de politique sectorielle de développement de la gouvernance et de la sécurité intérieure. Mais, le ministère de l’Economie insiste sur l’efficacité des mesures prises pour justifier les dépenses effectuées.

La Lettre de politique sectorielle de développement de la gouvernance et de la sécurité intérieure a fait l’objet d’un atelier de restitution et de validation. Elaboré selon un processus et canevas proposé par le ministère de l’Economie et du plan durant six semaines de travaux, la Lettre de politique sectorielle de développement de la gouvernance et de la sécurité intérieure va couvrir une période de dix ans. Selon le ministre de l’Inté­rieur et de la sécurité publi­que, ce document est en quelque sorte un socle sur lequel pourra s’appuyer son ministère,  durant les prochaines an­nées, pour  me­ner  à bien les missions qui lui sont dévolues. Sa mise en œuvre, souligne-t-il, intervient dans un monde marqué par l’insécurité sur fond de menace terroriste. «La menace terroriste est particulièrement pressante», fait remarquer le ministre de l’Inté­rieur. Il insiste aussi sur les risques de catastrophe comme les migrations et les changements climatiques qui coûtent au monde «moins de 3 000 milliards par année.»
Le ministre Abdoulaye Daouda Diallo note que tous ces phénomènes imposent de nouveaux réflexes dans la gestion de la sécurité publique. Des efforts devraient s’accentuer dans la mesure où si on prend en compte le budget de l’Etat, admet-il, en 1992, le Sénégal «était dans une moyenne de 12 milliards d’investissement». Mais,  depuis la survenue des deux alternances, beau­coup de changements ont été no­tés.  «En 2012, on s’est re­trou­vé à 400 milliards d’investissement. En 2016, on est dans des paradigmes différents, nous avons un budget d’investissement qui tourne autour de 1 000 milliards. Mais si on le ramène au niveau du ministère de l’Inté­rieur, en 2012, on était à 12 milliards de nos francs. Aujour­d’hui, nous sommes à plus de 54 milliards de francs Cfa d’investissement. Plus de 40% du budget du ministère est consacré à l’investissement», a indiqué M. Diallo.
Par ailleurs, ce document servira de base de travail à son ministère pour avoir «une visibilité des besoins que suscite ce secteur». Touchant les multiples défis qui interpellent son département, le ministre Abdoulaye Daouda Diallo souligne que ce Document contient six éléments stratégiques. «Ce qui est important est de savoir où est ce qu’on veut aller par rapport à nos possibilités budgétaires», soutient-il.
Coordonnateur de la Plani­fication et des politiques économiques au niveau du ministère des Finances, Maya­cine Camara souligne «qu’il  ne veut pas d’un document de politique sectorielle de plus qui ne servira à rien.» C’est ce qui explique sa présence à l’atelier de restitution pour «rappeler les principes et faire de ce document un outil capable de guider l’action des ministères.» Il renchérit : «Le Sénégal est à un stade où nous sommes tenus de rationnaliser les ressources publiques que nous dépensons. D’ailleurs, c’est la principale action majeure au niveau de l’Economie et des finances dans le cadre du Pse, la gouvernance économique.»
La direction de la planification et des politiques économiques a été mise en place pour restaurer la chaine de planification et améliorer l’efficacité du gouvernement en matière d’investissement public. «Ça ne sert à rien de mobiliser beaucoup d’argent si on ne peut atteindre les objectifs pour lesquels on s’est fixé. Ça ne sert à rien de mobiliser beaucoup d’argent si in fine il n’y a pas d’impact sur les populations», fait remarquer M. Camara. «Sans sécurité, il ne pourra pas y avoir d’émergence», persiste-t-il.
ambodji@lequotidien.sn

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