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A l’image de l’Afrique, le Sénégal doit relever le défi de la mise en place d’une bonne législation en termes de lutte contre les transactions financières illicites.

Les Flux financiers illicites (Ffi) en provenance du continent noir sont devenus un sujet de préoccupation majeure en raison de leur ampleur et de leur impact négatif sur les programmes de développement et de gouvernance en Afrique. Selon certaines estimations, les Ffi en provenance du continent s’élèveraient à 50 milliards de dollars par an. Dans le cadre d’un dîner-débat organisé vendredi, l’Amicale des inspecteurs des impôts et domaines du Sénégal a posé la réflexion afin de décliner des stratégies capables de lutter efficacement contre ce fléau.
D’après le juriste et enseignant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Pr Abdallah Cissé, «la cohérence dans la lutte contre les transactions financières illicites n’est pas encore parfaite» au Sénégal. «On se cherche. Ce que l’on retrouve comme principe au plan international n’est pas entièrement répercuté à l’échelle du plan africain et national», regrette-t-il. M. Cissé met en exergue la caducité de la législation. «Les contestataires utilisent les failles de la règlementation pour détourner l’opinion sur l’importance à accorder à la lutte contre les transactions financières illicite», explique-t-il.
En fait, il y a transaction financière internationale lorsqu’on instrumentalise le système à d’autres fins par l’abus de pouvoir, la surfacturation ou la sous facturation pour transférer des capitaux d’origine illicite à des fins étrangères à leur finalité d’origine. Pour corriger la donne, Pr Cissé invite à un renforcement des systèmes de gouvernance avec un véritable leadership qui promeut l’éthique dans les transactions financières internationales. «On dirige par l’exemple. Lorsque vous dites aux gens qu’il ne faut pas faire cela, ils vont suivre. Cela donne du poids à vos orientations», indique le juriste. Selon lui, il faut également systématiser et rationnaliser les stratégies de négociations du Sénégal au plan international. «Lorsque vous faites des négociations, on les fait à la va vite parce que nous n’avons pas cette tradition dans nos pays d’avoir des politiques publiques en la matière. Cela pénalise tout le développement économique dans nos pays. Il faudrait dans le renforcement des systèmes de gouvernance accorder une place de choix à la transparence», invite-t-il, tout en saluant les efforts qui sont en train d’être faits au Sénégal.
bgdiop@lequotidien.sn

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