PARTAGER
La défunte vice-présidente du Cese, Fatoumata Makhtar Ndiaye.

2016 a fait pleurer plusieurs Sénégalais avec cette succession de meurtres et de tragédies qui vont marquer à jamais cette année. Très probablement, certains ne verseront pas de larmes au moment de célébrer sa fin. Tant ils ont faim de tranquillité, de sécurité et de justice.

L’impétueuse Madonna a eu une formule juste pour caricaturer l’année qui court vers sa chute après le décès de l‘artiste britannique Georges Michael : «2016 peut aller se faire voir.» Bien sûr, ce fut une année sang peine et remplie de larmes. Le  tissu social sénégalais a été ravagé par des crimes, violences et des morts tragiques sur nos routes… 2016 offre un visage bien sombre. A peine éclairé par quelques touches d’espoir.
Les assassinats sauvages de la vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Fatoumata Makhtar Ndiaye, du taximan et des deux vigiles de Ndioum montrent que, selon une ordalie meurtrière, certains manient avec une redoutable perversité la mort. L’autopsie de ces actes fait ressortir le malaise avec lequel la société est badigeonnée. Comme du poison, l’intolérance et le grand banditisme se fragmentent dans le corps social. Ces morts sont enterrés sous les cris d’orfraie des défenseurs de la peine de mort abolie en 2004. Aussi loin qu’on se souvienne, ces tueries ont toujours existé, mais elles n’ont jamais été psychanalysées pour analyser les mutations sociologiques qui favoriseraient la montée de la criminalité.
Aujourd’hui, la situation est devenue nettement plus inquiétante et mérite la prise de mesures hardies. Au lendemain de ces différents drames, le chef de l’Etat a proposé une série de décisions pour discipliner davantage la société sénégalaise. Dans sa robe de procureur, il requiert la perpétuité contre les tueurs, sollicite le renforcement de la sécurité de proximité et l’organisation d’un forum national sur la sécurité.
Le Président Sall a aussi utilisé le même ton pour condamner les accidents de la circulation qui ont fait cette année plus de 500 morts. Le plus meurtrier est celui de Koumpentoum qui a tué 14 personnes et blessé plus de 80 autres le lendemain du Gamou.
En tout cas, les populations ont faim de voir sa disparition. 2016, qui court inéluctablement vers sa fin, a noirci le quotidien des recycleurs et aussi des détenus de Rebeuss. Entre un incendie ravageur à Mbeubeuss et une sanglante mutinerie, plusieurs familles ont dû refouler leur colère pour supporter ces tragédies.
bsakho@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here