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L’absence de statistiques agricoles fiables a été un frein au suivi d’une trentaine d’exploitations agricoles familiales à Ziguinchor, qui a été lancé en février 2016, dans le cadre de «l’Observatoire des agricultures du Monde», une initiative internationale.

Dans le cadre de «l’Observa­toire des agricultures du Monde», lancé en février 2016, une enquête a été engagée pour recueillir les données sur le potentiel du secteur agricole, «la typologie et le suivi des exploitations agricoles». Ainsi, le comité technique national, représenté par la Direction de l’analyse, de la prévision et des statistiques agricoles (Dapsa), l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar) et le Cadre national de concertation des ruraux (Cncr), avait installé un groupe de travail pour le dispositif de suivi des exploitations agricoles de Ziguinchor. Et ce groupe a suivi 30 exploitations familiales de référence pendant un an et quelques mois. Les représentants ont eu à mener un travail de terrain. Mais si l’on se fie aux propos du coordinateur du Cadre régional de concertation des ruraux (Crcr) de Ziguinchor, Aziz Badji, les enquêteurs ont buté sur un certain nombre d’obstacles, notamment l’absence de statistiques agricoles fiables. «Au Sénégal, les informations qu’on a généralement, sur l’agriculture au sens large, ne sont pas très bonnes. On a un problème de statistique agricole. Au Sénégal, rarement, on a fait les statistiques agricoles. Souvent en campagne, on fait des extrapolations. Même si vous allez à la Dapsa, ils vous diront que très honnêtement on n’a pas de statistiques agricoles fiables. Ils en font mais, ce n’est pas fiables», a décrié hier, Aziz Badji, lors d’une conférence tenue au siège de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) à Dakar.
Tout de même, souligne-t-il, «on a constaté qu’il y a eu 4 catégories d’exploitations familiales qu’on a suivies. Des exploitations familiales qui sont très pauvres. Il y a des exploitations qui dépassent la moyenne de la pauvreté mais qui sont encore pauvres. Il y a des exploitations familiales qui ont atteint leur niveau de consommation à partir de leur production agricole. Mais il y a d’autres qui peuvent vendre».
Pour sa part, le coordinateur du Waw a divulgué pendant la conférence de presse d’autres éléments de l’enquête menée auprès des agriculteurs. Selon Pierre-Marie Bosc, «ceux qui s’en sortent mieux, ce sont ceux qui ont diversifié. C’est-à-dire qui ne sont pas restés sur les cultures pluviales traditionnelles que sont les céréales ou l’arachide. Ils ont diversifié dans le petit élevage, dans la pêche, dans l’arboriculture, dans le maraîchage». Et de renchérir : «L’idée, c’est de produire ces informations pour que les acteurs puissent s’en saisir et puissent réfléchir avec les pouvoirs publics à des politiques qui soient adaptées à la diversité des agricultures familiales.» En gros, l’Observatoire travaille dans le multi sectoriel plutôt que le sectoriel.
Cette initiative de la Fao, de la France et soutenue par le Fonds international de développement agricole (Fida) qui est aussi en phase expérimentale à Madagascar, Salvador, Niger, Tunisie, Viet Nam a un objectif claire : «Réfléchir à la manière de décrire les changements dans les agricultures du monde. Et notamment la division qu’on fait habituellement entre des agricultures familiales et puis des agricultures de firmes ou d’entreprises, essayer de réfléchir à comment produire des nouvelles informations qui rendent bien compte de ces transformations. Et notamment qui permettent de dénombrer de façon vérifiable et de façon précise, la part des agricultures familiales par rapport aux autres agricultures.»
msakine@lequotidien.sn

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