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Si certains pays ont déjà commencé à intégrer les Objectifs de développement durable (Odd) dans leurs politiques et plans nationaux, la question du suivi des indicateurs se pose dans certains pays.

Le monde s’est engagé dans un nouveau calendrier pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (Odd) à l’horizon 2030. Si certains pays ont déjà commencé à intégrer ces objectifs dans leurs politiques et plans nationaux, la question du suivi et de l’évaluation des avancées se pose dans les pays africains. «Nous sortons de l’Agenda 2015 avec un nombre plus limité d’objectifs et d’indicateurs. On se retrouve aujourd’hui avec deux fois plus d’indicateurs et d’objectifs à atteindre. Naturellement, nos systèmes statistiques seront mis à l’épreuve pour fournir toutes les informations nécessaires pour renseigner ces indicateurs», a expliqué M. Paul-Henri Ngue­ma Meye, directeur général adjoint de l’Observatoire économique et statistique d’Afrique subsaharienne (Afristat) vendredi dernier. Si les Odd sont au nombre de 17, les indicateurs retenus avoisinent les 200. Dans le cadre de son appui en faveur de l’amélioration des capacités des systèmes statistiques nationaux des pays francophones d’Afrique, le ministère français des Affaires étrangères et de l’Europe a financé un projet d’appui au suivi des Odd (Sod­da). Le projet a tenu vendredi dernier la première réunion de son groupe de travail.
Selon Mme Caroline Gui­demann, chargée de projet à Expertise France, l’agence française d’expertise technique internationale, «l’idée c’est de renforcer les capacités des instituts statistiques nationaux et des centres de formation pour les aider à développer une expertise d’excellence sur la thématique du suivi des Odd qu’ils pourront ensuite faire valoir au niveau continental». Dans cette dynamique, plusieurs pays membres d’Afristat étaient en conclave à Dakar. Il s’agit principalement d’établir un état des lieux des indicateurs disponibles dans les pays de la zone et de définir des modes de calcul pour ces indicateurs. «Aucun pays au monde n’est capable de renseigner tous les indicateurs. Le travail que nous faisons avec Expertise France, c’est de faire en sorte que les pays soient capables de définir leurs priorités. Et voir dans quelle mesure mutualiser les moyens et fédérer les ressources déjà mobilisées pour aller au renseignement du plus grand nombre d’indicateurs», explique M. Meye.
Selon M. Abdou Diouf, directeur de l’Ecole nationale de la statistique et de l’analyse économique (Ensae), l’atteinte des Odd est assujettie à la mise en œuvre dans chaque pays d’un système performant de suivi-évaluation. «La quantité im­pres­sionnante et inédite de données statistiques qu’il faudra générer et analyser nécessite une prise en charge spéciale». C’est dans ce cadre que le projet Sodda «constitue une brillante initiative», indique M. Diouf.

Des curricula sur les Odd
Cette rencontre du groupe de travail du projet Sodda va également permettre d’amorcer la réflexion pour la mise en place de curricula spécifiques à la problématique des Odd dans les écoles de statistique du continent. «La nouveauté avec les Odd, c’est le nombre impressionnant d’indicateurs. C’est pratiquement tous les domaines et sujets de la vie qui définissent l’humain qui sont pris en compte. Il y a des paramètres qui n’étaient peut-être pas pris en compte dans l’évaluation de nos politiques ou qui n’étaient pas pris en compte de façon régulière dans la collecte des données et qu’il va falloir prendre en charge dans le cadre des Odd. Il faut que les futurs techniciens, les futurs cadres qui auront la responsabilité de collecter ces données soient bien outillés pour le faire», indique M. Diouf.

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