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Virtuose de la guitare basse, Habib Faye a joué, à 54 ans, son ultime note mardi soir en France des suites d’une longue maladie. Le monde de la musique pleure un musicien aux talents divers qui a marqué son temps. Les adeptes du mbalax et du jazz n’arrêteront pas de sécher leurs larmes, tellement Habib Faye a été un artiste hors pair dans ses domaines d’évolution musicale.

La nouvelle est tombée sèche comme un couperet. La faucheuse a encore fait son œuvre et le monde de la musique, le Super Etoile en particulier, est en deuil : Habib Faye, bassiste du groupe de Youssou Ndour, a rendu l’âme mardi soir en France des suites d’une longue maladie. A l’annonce de la nouvelle, le roi du Mbalax n’a pu cacher son émotion. Effondré, Youssou Ndour, sans terminer sa phrase, a fait état hier sur les ondes de sa radio d’une grosse perte pour le monde, l’Afrique et…lui. C’est que Habib Faye a marqué son passage au Super Etoile. Il a été un homme multicartes. Puisqu’ayant été arrangeur et compositeur, Habib savait jouer aux claviers à la batterie, à la guitare solo. Mais aussi le jazz, un genre musical qui lui a permis de voyager artistiquement à travers la planète. Ses prestations dans différents groupes de jazz, même après son absence du Super Etoile, illustrent ce côté remarquable de son talent. Les abonnés des clubs de Dakar et d’autres du monde ne diront pas le contraire. Autre illustration de son talent pour le jazz : un Ep (Extended playing, une production qui annonce la sortie prochaine d’un album) composé de 6 titres tirés de la dernière production «Mane-Mane» réalisée avec le koriste Ablaye Cissoko et présenté à la presse le 1er mars dernier. Hélas, il n’honorera pas de sa présence et de ses prestations très prisées le 26ème Festival international de jazz de Saint-Louis dont l’ouverture est prévue aujourd’hui.

Départ puis retour au Super Etoile
L’homme avait dès l’âge de 9 ans commencé à taquiner la musique pour commencer à prester plus tard, à 16 ans. Il se dit même que c’était à deux semaines de l’examen du baccalauréat qu’il abandonnât les études pour mener une tournée européenne avec le Super Etoile. Habib Faye, c’était aussi une présence scénique de plusieurs décennies au sein du célèbre groupe de mbalax de la Médina, après avoir intégré l’orchestre de l’enfant de la Médina en 1984. Celle-ci avait été interrompue par la parenthèse de son départ du groupe en 2012 en compagnie de son illustre collègue Jimmy Mbaye, pour cause d’engagement politique de Youssou Ndour aux côtés du Président Macky Sall dont il était devenu le premier ministre de la Culture et de la décision du roi du mbalax de mettre en veilleuse les activités du Super Etoile. Habib signera son retour en compagnie toujours de son «frère» Jimmy au Bercy 2017 de Youssou Ndour dont ils étaient les invités d’honneur. La réintégration du bassiste et de Jimmy se fera sans anicroche. Jusqu’au moment où le virtuose de la guitare basse quitte la scène en France, à 54 ans.

«Un homme pétri de talent» issu d’une grande famille de musiciens
Grâce à sa dextérité, Habib Faye réussissait toujours à séduire les nombreux fans du Super Etoile. «Un homme pétri de talent s’en est allé», a dit le chanteur Fallou Dieng. A l’image d’autres réactions après l’annonce de la triste nouvelle. (Voir par ailleurs). Ces témoignages restent confortés par l’appartenance du bassiste du Super Etoile à une famille de musiciens. Ses frères en sont une parfaite illustration : feu Adama Faye qui a fait les beaux jours du grand Super Diamono à côté d’artistes de renom comme Omar Pène, Moussa Ngom, Ismaïla Lô, Bob Sène, etc., Vieux Mac Faye, greffier, artiste et auteur de plusieurs albums, Tapha Faye du Super Etoile et Lamine Faye, un des précurseurs du marimba au Sénégal et ancien chef d’orchestre du défunt groupe Lemzo Diamono.
mdiatta@lequotidien.sn

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