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J’aurai besoin de prime abord, de saluer la mesure courageuse et pertinente du ministre de l’Education nationale et de ses techniciens, matérialisée par la lettre Nº 00005372 du 14 octobre 2016, qui consacre la suppression progressive de certaines Lv2 (russe, italien, allemand). Cette disposition aura sans nul doute des conséquences pour ces quelques professeurs habitués à dispenser leurs cours dans ces langues étrangères, mais «on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs».
Il pourra toutefois être question de les recycler dans le système ou dans des services connexes.
Il est ensuite prouvé et attesté que le Paquet (Programme pour l’amélioration de la qualité de l’équité et de la transparence) est très pertinent et est  élaboré au but de promouvoir l’enseignement  des sciences et des techniques indispensables au développement socio-économique de notre pays. L’enseignement des lettres et la promotion des arts et de la culture à travers la politique initiée  par notre bien-aimé Président poète et longtemps soutenue par ses successeurs a fini de montrer ses limites objectives.
L’école sénégalaise forme plus de littéraires que de scientifiques, alors que le monde d’aujourd’hui est dirigé et monopolisé par les détenteurs de la science, du savoir vérifiable. Loin de la théorie des salons et amphithéâtres, les maîtres du savoir pratique et  des innovations technologiques  impulsent le développement depuis leurs labos et dictent les  conduites sociales à observer.
Nos élèves sont surchargés de matières, les programmes fleuves ne permettent pas une bonne acquisition consolidée. Le programme en géographie et histoire, entre autres, notamment, mérite une réflexion pointue de la part des spécialistes, pour vérifier la pertinence de certaines leçons qui de notre point de vue méritent d’être supprimées, et délester  de facto nos apprenants.
Les langues vivantes (italien, allemand, russe, portugais, …) sont-elles indispensables à notre développement ? Quelles places méritent-elles dans notre système éducatif ? Nous pensons, toute subjectivité mise à part, que, compte tenu du changement de paradigme voulu par le Paquet, par les autorités académiques et scolaires, compte tenu également des réalités mondiales avec la civilisation du numérique et la post industrialisation des pays du Nord, les pays du Sud en mal de pauvreté  ont l’obligation de faire des bonds significatifs pour rattraper ce retard.
Ce retard ne peut être réduit et rattrapé que par l’éducation, aucune autre voie n’est viable et envisageable. Le langage des sciences étant universel, point n’est besoin de privilégier une quelconque  langue, encore qu’elles sont étrangères. Quelles places pour nos langues nationales dans le processus d’acquisition de connaissances scientifiques ? Il est prouvé qu’aucun pays au monde ne s’est développé sur la base d’une langue étrangère.
Il est certain que pour susciter la vocation scientifique chez les élèves, il faut un environnement scientifique approprié  et un quantum horaire suffisant dédié aux disciplines scientifiques dès les tendres classes pour  former de véritables scientifiques capables de réinvestir leur capital acquis au service du développement de notre pays, et ce, dans tous les secteurs d’activités. L’Afrique, le Sénégal en particulier, a besoin d’ingénieurs hautement qualifiés, de techniciens supérieurs dans tous les domaines et secteurs d’activités pour soutenir les besoins en croissance économique et sociale.
La praxis a détrôné la  «théoria» depuis des lustres, c’est à nous de nous adapter et l’orientation des autorités scolaires va en ce sens. Il est besoin cependant de plus amples échanges, avec surtout  ces catégories socio-professionnelles directement touchées par les réformes et leur assurer une certaine tranquillité par rapport à leur carrière.
Vive les sciences, Vive l’Education au Sénégal
Thierno Abasse DIALLO
Pdt Udes (Union pour le développement de l’école sénégalaise)
SG Coalition nationale éducation pour tous (Cnept)/Iday Sénégal

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