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Les pays du G20 ont fait connaître les conditions pour bénéficier de leur mécanisme de suspension de la dette. Pour le Sénégal néanmoins, la chose n’est pourtant pas aussi attractive qu’une annulation pure et simple.

Le Sénégal persiste dans sa croisade pour l’annulation de la dette des pays pauvres. Le Quotidien a appris hier que le pays n’envisage pas du tout, en l’état actuel des choses, de recourir au mécanisme mis en place par le G20 pour la suspension de la dette. Il est vrai que le Président Macky Sall s’était même félicité du moratoire obtenu auprès des bailleurs du pays, pour le paiement du service de la dette en cours. Il n’avait pas manqué de se féliciter de ce que le moratoire en question, avait permis au pays de dégager un peu plus de la moitié des 1000 milliards de francs Cfa dont le gouvernement avait besoin pour son Programme de résilience économique et sociale (Pres) dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Néanmoins, cela était loin d’être suffisant. Pour Macky Sall et son gouvernement, les facilités accordées pour la dette du pays ne changent pas grand-chose à la situation du pays, pour le moment.
D’autant plus que le mécanisme du G20 a également ses contraintes. Ainsi, Le Quotidien a appris que le conglomérat des pays composé du Groupe des pays membres du G7, de dix pays émergents, auxquels on associe l’Australie et la Corée du Sud, a fait savoir que le mécanisme pour obtenir la suspension de la dette par les pays en voie de développement n’était pas automatique.
Ainsi, les pays membres du G20 ont décidé que le paiement du service de la dette des pays endettés serait suspendu pour trois ans, avec un différé d’un an. Toutefois, les pays candidats à ce mécanisme devront s’engager de manière nette et claire, à ne pas contracter de nouvelle dette à des taux non concessionnels durant la période de validité de ce mécanisme. Ceux que ces conditions agréeront, devront alors, en faire une demande écrite auprès de leurs partenaires du G20, pour pouvoir bénéficier dudit mécanisme.
On sait que depuis le début de la pandémie à coronavirus, quand le chef de l’Etat sénégalais a le premier, lancé l’idée d’une annulation de la dette des pays en développement, pour leur permettre de faire face aux problèmes suscités par la lutte contre le coronavirus, beaucoup de voix se sont prononcées. Si un dirigeant aussi important que le Président français, Emmanuel Macron, s’est nettement aligné sur la position sénégalaise en militant pour l’annulation, des dirigeants africains, comme ceux du Bénin par exemple, ont cassé la dynamique communautaire africaine et déclaré que l’annulation de la dette pourrait s’avérer contreproductive. En oubliant sciemment les exemples des annulations des mécanismes Ppte (Pays pauvres très endettés) et Iadm (Initiative sur l’allègement de la dette multilatérale) qui ont tant permis par exemple au Président Wade, de pouvoir lancer les Grands travaux de ses mandats.

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