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A la disparition de sa mère, la Linguère Fatim Yamar Khou­riyaye Mbodj qui préféra se brûler vive, lors de la célèbre bataille de Nder le 7 mars 1820, la Linguère Ndieumbeutt Fatim Yamar Khouriyaye Mbodj lui succéda aux fonctions de Linguère du Walo, assistée par sa petite sœur Ndaté Yalla Fatim Yamar Khouriyaye Mbodj.
De par son mariage, et de son fils et petits-fils, la Linguère du Walo Ndieumbeutt Fatim Yamar Khouriyaye Mbodj appartenait aussi bien au royaume du Walo qu’à l’Emirat du Trarza donc, elle fut une Sénégalo-Mauri­tanienne avant la lettre.
Après l’échec de la colonisation agricole française, vers 1830 une guerre civile secoua le Walo entre le Brack Fara Peinda Adam Sall Mbodj et le prétendant Khérfi Khary Daro Mbodj. Et les troupes de l’émir du Trarza Mohamed El Habib Ould Amar Ould Mokhtar en profitèrent pour envahir le royaume du Walo et y mener des activités de rapine et de dévastation.
Pour sauver son Peuple de l’anéantissement, la Linguère Ndieumbeutt offrit sa main à l’émir du Trarza Mohamed El Habib. Le mariage fut célébré en grande pompe à Dagana le 18 juin 1833. Ce qui provoqua l’ire du gouverneur français du comptoir de Saint-Louis, M. Quernel, qui ne voulait en aucune façon que les deux rives du fleuve Sénégal soient sous le contrôle par la nouvelle alliance entre le Trarza et le Walo. En représailles, les Français canonnèrent et incendièrent tous les villages du Walo et la capitale Khouma, forçant la Linguère Ndieumbeutt à se refugier au Cayor auprès de son cousin le damel Meïssa Teinda Dior Fall.
Le 26 janvier 1834, la France n’acceptât de signer un traité de paix avec le Trarza et le Walo qu’à condition qu’un enfant issu de ce mariage ne puisse prétendre au trône du Walo.
De ce mariage naquit le fils unique de la Linguère Ndieum­beutt, Ely Ndieumbeutt Fall ou Ely Ndieumbeutt Ould Moham­med Al-Habib Ould Amar Ould Mokhtar, qui fut émir du Trarza de 1873 à 1886.
Après l’assassinat de son père, l’émir Mohammed Al-Habib, en 1860, son demi-frère Sidi Mbaïrika Mint Omaïr accéda à la tête de l’émirat de 1860 à 1871. L’émir Sidy sera à son tour assassiné par son demi-frère Ahmed Saloum Ould Moham­med Al-Habib, aîné des sept fils de Mohammed Al-Habib et de Fatma Mint Mohammed, qui lui succéda.
Ely Ndieumbeutt, frère et ami du défunt émir Sidi, traversa le fleuve Sénégal et se rendit en toute hâte dans sa famille maternelle tédieck du Walo, où s’étaient réfugiés ses neveux Mohammed Fal, Ahmed Deïd et Baba, tous trois fils de Sidi. Il les prit aussitôt sous sa protection et mobilisa les guerriers du Walo, obtint l’appui de son cousin maternel Sidya Ndaté Yalla et du Diawdine Ndiack Aïssa Diop Mbodj. Sa Mehalla constituée, Ely Ndieumbeutt traversa le fleuve à Bokhol et entama les hostilités contre l’usurpateur Ahmed Saloum qu’il battit complètement à Jolla, près de Méderdra, l‘&mir et ses 7 frères s’enfuirent vers le Tagant. Ely Ndieumbeutt se proclama émir du Trarza et porta le saroual, le «thiaya blanc».
L’émir déchu du Trarza Ahmed Saloum et ses partisans revinrent donc quelques mois plus tard, renforcés de nouveaux contingents Ida Ou Aïch pour s’attaquer à Ely Ndieumbeutt à Habbaïa.
Lors de cette bataille, Ely Ndieumbeut avec ses contingents wolofs taillèrent en pièces les troupes de Ahmed Saloum qui y trouva la mort. Ely Ndieum­beuut tuera les deux frères utérins de l‘émir, Lobbat, et Brahim Saloum, peu de temps après à Âdnech, puis un autre, Mokhtar Saloum à Gouioui, près de Badi, dans l’Iguidi, Lefjah fut tué à Arboussit, puits des Oulad Diman. De tous ces sept fils de l’émir Mohammed Al-Habib et de Fatma Mint Mohammed, il ne restait que Amar Saîoum, qui fit sa soumission à Ely Ndieum­beutt.
Lors de cette bataille, Ely Ndieumbeut, avec ses contingents wolofs, tailla en pièces les troupes de Ahmed Saloum qui trouva la mort. Brahim Saloum et Lobbat furent tués peu de temps après à Âdnech ; un autre, Mokhtar Saloum, trouva la mort à Gouioui, près de Badi, dans l’Iguidi ; Lefjah fut tué à Arboussit, puits des Oulad Diman, disent les uns, à M’hammed Youra. De tous les fils de l’émir Mohammed Al-Habib et de Fatma, il ne restait que Amar Saloum, qui fit sa soumission à l’émir Ely Ndieum­beutt.
Ely Ndieumbeutt Fall ou Ely Ndieumbeutt Ould Mohammed Al-Habib Ould Amar Ould Mokhtar régnera au Trarza de 1873 à 1886 où il sera assassiné par Mohamed Saloum, le fils de son frère et ami le défunt émir Sidy Mbraika.
L‘émir du Trarza Ely Ndieum­beutt Fall épousa à Saint-Louis Kheiyvatte Ndiawar Yacine Guèye, la tante paternelle du député Ngalandou Diouf, et eut une fille, Coumba Fall Ely, qui sera l’épouse de Cheikh Thioro Mbacké, frère de Cheikh Ahma­dou Bamba Mbacké.
Ahmed Saloum Ould Ely Ndieumbeutt, fils de l’émir Ely Ndieumbeutt Fall, donc petit-fils de la Linguère Ndieumbeut, régnera au Trarza de 1895 à 1905.
Soutenu par les Français, le chef supérieur du Walo, Yamar Mbodj dit Yamar Ould Diadjie, et les parents walo-walo de son père Ely, Ahmed Saloum Ould Ely Ndieumbeutt réussirent à évincer du pouvoir son oncle paternel l’émir Amar Ould Mohammed Al-Habib. Ahmed Saloum Ould Ely revêtit le seroual blanc et fut proclamé solennellement émir en septembre 1891.
C’est sous son règne que l’émir autorisa ses parents walo-walo à réoccuper les fertiles terrains d’inondation de la rive droite du Chamama et repeupler les villages de Ghanar.
C’est sous son règne que son frère, le prince du Trarza Mohamed ould Ely Ould Mohammed Al-Habib, dit Bourass, petit-fils aussi de la Linguère Ndieumbeutt Mbodj, tua à Dagana (rive droite) l’administrateur français de 1ère classe Louis Vincent, commandant du cercle de Dagana.
Ainsi, nous pouvons dire que la Linguère Ndieumbeutt Fatim Yamar Khouriyaye Mbodj fut une Sénégalo-Mauritanienne en tant qu’épouse d’un émir du Trarza, mère d’un émir du Trarza, grand-mère d’un émir du Trarza et enfin grand-mère d’un résistant trarza armé face à la colonisation, Mohamed Bourass.
Vivement que les autorités sénégalaises et mauritaniennes puissent donner au futur pont de Rosso le nom de Bour Trarza Ely Ndieum­beutt Fall (du coté sénégalais) et émir du Trarza Ely Ndieumbeutt Ould Mohammed Al-Habib Ould Amar Ould Mokhtar (du côté mauritanien), car ce personnage historique fut un pont entre la Maurita­nie et le Sénégal.
Le Diawdine
Amadou
Bakhaw DIAW

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