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«Cheikh Moussa Kamara, le sage de Ganguel, savant multidisciplinaire, son héritage culturel face aux défis contemporains» a été le thème du symposium consacré à l’érudit samedi à l’Institut islamique de Dakar. La famille a profité de l’occasion pour rappeler à Macky Sall sa promesse d’ériger un centre de recherche, de culture et de développement à la mémoire de l’homme de Dieu.

Les hommes qui ont consacré leur vie à Dieu restent eternels. Leurs écrits, malgré l’usure du temps, demeurent des enseignements qui collent à l’actualité. «Cheikh Moussa Kamara, le sage de Ganguel, savant multidisciplinaire, son héritage culturel face aux défis contemporains» a été le thème choisi cette année pour le symposium dédié au saint homme. Samedi, à l’Institut islamique de Dakar, sa vie et son œuvre ont été revisitées. Le porte-parole de la fa­mille, Ismaïla Kamara, a rappelé le legs du marabout surtout les thèmes qu’il a laissés et qui secouent le monde actuel. Il dit : «Les islamistes, le djihad. Il a écrit ce livre depuis 1937. Et le livre apparaît comme étant prémonitoire puisque ce que nous vivons aujourd’hui trouve à souhait que Cheikh Moussa Kamara avait déjà pensé que ces choses allaient venir. Parce que les gens s’intéressaient davantage aux confréries plutôt qu’à l’islam. Il a dit que si les gens ne font pas attention, si on prend les confréries comme étant véritablement la religion, plus tard nous vivrons des événements assez douloureux, que chacun voudra sauvegarder sa confrérie, et ça sera l’affrontement. C’est ce que nous vivons aujourd’hui.»
Pour lui, les écrits d’un homme d’une telle dimension méritent d’être enseignés dans les écoles et les dahiras (école coranique) pour mieux faire connaître Cheikh Moussa Kamara. Il s’explique : «Il a écrit près de 40 manuscrits dans tous les domaines que l’on peut imaginer, dans 8 domaines différents dans lesquels il a écrit avec beaucoup de succès. Il a été un pédagogue, un poète, un sociologue, un historien, un médecin (…) C’est quelqu’un qui vivait avec son époque et qui luttait contre les inégalités sociales, contre l’injustice.» Et selon les initiateurs de la journée, l’objectif est de faire connaître sa vie, son œuvre et sa pensée, d’orienter les jeunes chercheurs en sciences islamiques vers les œuvres du saint et savant de Ganguel Soulé. Lors du symposium, la famille du défunt a fait le plaidoyer pour la numérisation complète et une conservation adéquate des livres de sa «très riche» bibliothèque. Et les organisateurs estiment que l’érection du Centre Cheikh Mous­sa Kamara de recherche, la culture et le développement, promise par le président de la République lors de sa tournée économique en février 2017 dans la région de Matam, constituerait un volet non négligeable pour l’atteinte de cet objectif.
msakine@lequotidien.sn

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