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Le Sytjust a décidé de «prendre au mot le ministre de la Justice» après avoir décidé de suspendre son mouvement de grève à la suite d’une rencontre avec la Chancellerie. Celle-ci a décidé de satisfaire certaines de leurs revendications d’ici la fin du mois de septembre.

Après une trêve de 96 heures qui est arrivé à terme hier, le Syndicat des travailleurs de la justice a décidé «de suspendre le mot d’ordre de grève». Cet arrêt du mouvement d’humeur est lié au round des négociations entre la Chancellerie et le Sytjust qui sont restés sans contact après quasiment 2 mois de grève, contribuant à éloigner les positions. Même s’ils n’ont pas fumé le calumet de la paix, cette décision laisse entrevoir un rapprochement des positions qui a permis ce dégel, au grand bonheur des justiciables et des usagers du service public de la justice. Selon Me Boun Ayé Diop qui présidait hier un point de presse en ce sens, c’est «pour permettre au garde des Sceaux, ministre de la Justice, de remplir les engagements qu’il a pris le 24 août 2020 à l’occasion de notre rencontre». Mais le Sytjust «veut prendre à témoin l’opinion publique». «Car ces engagements pris par le ministre de tutelle, rappelle le secrétaire général du Sytjust, l’ont été devant des personnalités qui peuvent servir de caution. Il s’agit du bâtonnier de l’Ordre des avocats Me Pape Leyti Ndiaye, Me Doudou Ndoye, ancien garde des Sceaux, des représentants du Conseil du dialogue national en l’occurrence Matar Sarr, Pape Birama Diallo, le président de l’Association des juristes du Sénégal, le Professeur Ogo Seck, le secrétaire général de la centrale syndicale Unsas» énumère-t-il. En tout état de cause, Me Boun Ayé Diop pense que «toutes ces personnalités peuvent servir de caution et que les engagements pris seront mis en œuvre sans risque». A l’en croire, le garde des Sceaux «s’est engagé à tout faire pour faire payer les primes dans ce mois de septembre 2020, à veiller à ce que le comité technique mis en place, qui doit étudier et proposer des textes liés au fondement des statuts, fasse son travail convenablement dans un délai raisonnable». Pour les syndicalistes, «tout ce travail peut être bouclé dans le mois de septembre 2020». Toutefois, le Sytjust précise qu’il a mis la pédale douce pour tenir en «compte la situation des usagers du service public de la justice». «A un certain moment, il faut prendre en compte leur appel. Ils ont lancé un appel allant dans le sens d’avoir une compassion à l’endroit des usagers du service public de la justice. On doit arrêter la grève parce qu’il y a une forte demande sur la table et pour donner des chances à la décision du ministre», souligne Me Diop. Mais il se décharge de cette responsabilité. «Cette grève n’aurait pas tiré en longueur si la Chancellerie nous avait conviés à la table des négociations à l’entame de notre mouvement. Malheu­reusement, nous avons été ignorés», déplore-t-il. Mais au-delà des aspects matériels des revendications, il y a des considérations morales que le Sytjust a essayé de prendre en considération dans le déroulement de son mouvement. «Le syndicat ne peut pas être snobé et arrêter la grève. C’est inacceptable qu’on nous demande d’arrêter notre mouvement pour être reçus», regrette Me Diop.

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