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Pour certains, les élections ne sont qu’un simple maillon, un petit processus, mais elles n’en demeurent pas moins des piliers importants pour apprécier la démocratie. Consciente de cette importance, la fondation Trust Africa a organisé hier une table ronde permettant à des intervenants de différentes nationalités de se pencher sur les élections récentes et futures en Afrique. Mais que ça soit au Mali, au Zimbabwe ou encore au Cameroun ou en Rdc, le constat est le même : l’Afrique n’est pas encore sortie de l’ornière.

Des élections libres, transparentes, crédibles, avec un fort taux de participation, on n’en voit pas souvent en Afrique. Dans les pays africains, le processus électoral est souvent émaillé du début à la fin par des crises, des tensions, des contestations et parfois même de la violence. C’est en tout cas l’avis de Coumba Touré, membre du Conseil d’administration de la fondation Trust Africa. «Dans nos pays, les élections sont très souvent synonymes de tensions et de violences et elles sont très souvent contestées. Nous avons constaté que partout sur le continent, les élections sont source de tensions. Et pourtant, partout les populations veulent qu’on tienne des élections pour décider de qui les dirige», a dit Mme Touré lors de la table ronde que sa fondation a organisée hier à Dakar.
Prenant le cas précis du Mali, du Zimbabwe, du Cameroun où des élections se sont tenues récemment et de la Rdc où l’on s’achemine vers des élections, Coumba Touré estime qu’il y a des efforts à faire. Au Mali, malgré la cherté des élections, l’intervenant Mamadou Goita (Malien) note que les résultats ne répondent pas réellement aux besoins des populations.
Au Zimbabwe, Briggs Bomba s’écœure de voir son pays toujours enfermé dans les idées des années 80. «Nous devons réformer l’Etat, bâtir de nouvelles institutions, retrouver notre dignité pour aller vers la démocratie», préconise-t-il.
Au Cameroun, le pronostic de Jeanne Elone n’est pas aussi très reluisant. «On constate une faillite du modèle démocratique avec les élections qui se sont passées», confie-t-elle. Et pour le Professeur Penda Mbow, il y a beaucoup à faire sur cette question des élections en Afrique. «La situation sur le continent n’est pas très reluisante, il faut l’admettre. Les élections, ces dernières années, posent problème. On a l’impression qu’on n’avance pas beaucoup en questions électorales. Il y a aujourd’hui un recul très net. Il y a un manque de fiabilité, des problèmes de leadership, de transition…», note-t-elle.
Au vu de cette situation, Coumba Touré tire une conclusion. «Il ne s’agit pas de travailler seulement au moment des élections. La démocratie ne peut pas seulement être bâtie sur des élections. L’engagement et la participation des citoyens à différents niveaux sur le contrôle de ce qui se passe, la liberté d’expression, comment les budgets sont dépensés… Toutes ces choses sont des pratiques de la démocratie», fait-elle comprendre.
aly@lequotidien.sn

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