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Si des efforts ont été consentis ces dernières années pour arriver à une élimination définitive du paludisme au Sénégal en 2030, des foyers persistent toujours. Désormais, les autorités sanitaires ont décidé de procéder à une distribution en masse de médicaments, en plus de la chimio-prévention saisonnière.

C’est un combat qui se poursuit. Le Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp) est en train de développer une nouvelle stratégie pour arriver à définitivement l’éliminer du pays. Mais la cartographie de la maladie montre qu’il y a des efforts à faire pour arriver à concrétiser cet objectif. «Seulement, malgré les nombreuses stratégies développées, la maladie persiste encore dans les régions du Sud comme Tambacounda, Kolda et Kédougou. Elles constituent les principaux foyers de la maladie avec un taux de prévalence palustre qui dépasse les 80%. Et c’est pourquoi il faut, pour arriver à l’élimination d’ici 2030, réussir à éteindre ces foyers», explique le coordonnateur du Pnlp Dr Doudou Sène. Mais son élimination à 2030 reste l’objectif fondamental du Pnlp. «Jus­que-là, beaucoup de stratégies ont été développées. Il a été initié les Aspersions intra domiciliaires (Aid), la chimio-prévention saisonnière, la distribution en masse de moustiquaires imprégnées à longue durée d’action, entre autres actions», note Dr Sène qui partageait la nouvelle stratégie de lutte mise en place avec les équipes cadres des districts sanitaires et de la région médicale de Tambacounda où il a insisté sur le travail abattu par l’Etat du Sénégal. Mais il faut multiplier les efforts. «La maladie est encore là, présente. Les dernières statistiques de 2019 attestent que 81% de la charge de morbidité se trouvent dans ces trois régions sus nommées. Le rendez-vous de 2030 ne pourra pas être atteint tant que ces foyers de la maladie ne sont pas éteints», dit Dr Sène.
Cette année, la maladie risque de persister avec les fortes précipitations enregistrées. «C’est pourquoi nous envisageons mettre en place un nouvel outil de lutte. Avec celui-ci, nous espérons enfin pouvoir arriver à l’élimination définitive», note le coordonnateur du Pnlp. Que faire ? «Il s’agit d’un projet de distribution de médicaments de masse à une échelle beaucoup plus large. Concrètement, le projet va démarrer au mois de mars. Aujourd’hui, il est question de faire le plaidoyer et de partager avec les acteurs, notamment la région médicale, les infirmiers-chefs de poste, les expériences de cette nouvelle stratégie. D’ailleurs, nous en fondons beaucoup d’espoir et pensons qu’à l’issue il nous permettra d’atteindre enfin l’élimination définitive du paludisme dans le pays», dit-il. Il ajoute : «Ce nouvel outil a certes des similitudes avec la chimio-prévention saisonnière. Seulement, il a des cibles beaucoup plus élargies, car si la Cps ciblait les enfants de la tranche d’âge 0-120 mois, ici ce sont toutes les personnes qui seront concernées.» Jean Louis Ndiaye, enseignant-chercheur à l’Ufr santé de Thiès, précise : «L‘objectif fondamental est que l’administration de masse de médicaments va permettre de mieux circonscrire la transmission. Ce sont des médicaments très efficaces qui non seulement traitent la maladie, mais aussi diminuent l’infectivité. Le paludisme va être réduit de manière drastique. Déjà, 30 villages seront choisis pour recevoir le traitement de masse contre 30 autres qui vont continuer à être traités par la Cps. Nous allons ensuite les suivre sur 2 ans, comparer les résultats et voir ce que ça va donner pour mieux prouver à la communauté scientifique l’efficacité de la stratégie.»

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