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La multiplication des accidents de la circulation met les conducteurs dans une situation inconfortable. Et les transporteurs ne roulent pas dans la même direction que le gouvernement, qui veut instaurer des mesures de sanction plus corsées. Les responsables des syndicats de transporteurs, présents à la rencontre d’échange et de partage sur la sensibilisation sur la sécurité routière initiée par le directeur des Transports terrestres, ont voulu se décharger de ces accusations en chargeant fortement l’Etat. Mamadou Kairé n’emprunte pas une route détournée pour le dire : «L’Etat est le premier responsable de ces nombreuses pertes en vie humaine sur les routes, quand on sait que dans le pays, les strapontins, plus connus sous le nom de «Versailles» utilisés par les usagers des bus de transport sont légalisés et autorisés dans la circulation. Ils ne dérangent pas et ne font l’objet de discussion que quand il y a accident, s’offusque le syndicaliste. Il faut que l’Etat arrête l’utilisation des strapontins dans les bus pour éviter les nombreuses pertes en vie humaine lors des accidents.» En cas d’accident, les passagers qui occupent ces sièges sont pris au piège «parce qu’ils n’ont pas accès aux issues pour pouvoir se sauver.» «Tous les accidents des bus sont lourds de conséquences parce que les passagers sont coincés entre les chaises trop rapprochées et ne permettant aucun passage. Si l’Etat veut revoir à la baisse le nombre de morts dans les accidents et réguler le secteur, il va falloir forcément que les strapontins disparaissent dans les bus, au grand bonheur des usagers de ces véhicules. La tolérance zéro doit commencer par cela», fulmine-t-il.
Dans sa plaidoirie, Mamadou Kairé ménage ses collègues et met en cause les agents affectés à la circulation. «Les accidents sont aussi causés par les multiples contrôles sur la route, qui agacent et mettent hors d’eux-mêmes, les chauffeurs. A chaque 100 m parcourus, vous rencontrez un poste de contrôle sur la route, soit la gendarmerie, la police ou la douane. Ce temps perdu ajouté à l’obstruction de la route énerve les chauffeurs et les met hors d’eux-mêmes. Il faut que les postes de contrôle, de la police, de la gendarmerie et de la douane soient mis ensemble pour permettre de gagner en temps, en énergie et cela réduirait les tentatives de corruption»,  plaide Kairé.
Dans le même sillage, il cite l’état des routes et la fréquentation élevée au niveau du Corridor Dakar-Bamako. «C’est le corridor des corridors. La route est très fréquentée et très mauvaise. C’est pourquoi, elle est accidentogène. Cette route internationale doit être refaite pour réduire le nombre d’accidents notés dans la région», suggère M. Kairé.
afall@lequotidien.sn

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