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Chahuté à cause de ses méthodes jugées draconiennes comme le confinement de certains villages touchés par le Covid-19, le gouverneur de Tambacounda, Mamadou Oumar Baldé, apprécie la réalité du moment avec la sortie du Cet des derniers cas positifs. Désormais, il appelle à une sécurisation des personnes vivant avec des maladies chroniques et qui sont plus exposées à des complications.

A Tamba on ne jubile pas, mais on apprécie cet instant de répit : Alors que la région n’a plus enregistré de cas, le dernier malade est sorti du Centre de traitement des épidémies depuis vendredi. Cette situation apaise les autorités médicales et administratives, notamment le gouverneur dont les méthodes jugées extrémistes pour endiguer la propagation du coronavirus étaient décriées. Mamadou Oumar Baldé, qui ne cache pas sa joie, justifie sa démarche d’antan : «Voilà le résultat de toutes les mesures coercitives que nous prenions. Elles n’étaient pas prises par simple plaisir. Il s’agissait juste de mesures pour endiguer la maladie. Aujourd’hui, Dieu soit loué, il n’y a plus de cas positifs détectés dans toute l’étendue de la région.» Si la région de Tambacounda est passée au vert dans le cadre de la riposte contre le Covid-19, il demande néanmoins plus de concentration pour éviter une seconde vague de contaminations : «Malgré la résilience notée chez les populations, il ne faut pas dormir sur nos lauriers et perdre de vue le respect des mesures barrières. Le virus et encore dans le pays et continue dans sa libre circulation.»
Aujourd’hui, le Comité régional de gestion des épidémies (Crge) veut réorienter sa stratégie pour mieux sécuriser les personnes vivant avec des maladies chroniques et qui sont les plus vulnérables comme le montrent les différents décès recensés depuis l’apparition de la maladie. «Aujourd’hui, après que la région est passée au vert, quatre types d’individus très vulnérables au Covid-19 sont à sécuriser. Il s’agit des insuffisants rénaux, des asthmatiques, des diabétiques et des hypertendus. Toutes ces personnes doivent être mieux protégées, car elles demeurent très sensibles à la maladie. C’est chez ces catégories de personnes que la maladie cause beaucoup plus de dégâts ; d‘où mon appel lancé au Comité régional de gestion des épidémies à réorienter ses stratégies pour mieux circonscrire le fléau», sensibilise l’ancien gouverneur de Matam.
A Tamba, la propagation rapide du virus avait plongé toute la région dans une certaine fragilité, mais elle a traversé l’épidémie sans enregistrer de cas de décès. «Malgré la prégnance de la maladie, aucun cas de décès n’a été enregistré. C’est le lieu de tirer le chapeau au Dr Alexandre Seck, responsable du Centre de traitement de la maladie, lui et toute l’équipe médicale. Ils ont fait un travail remarquable», se félicite M. Baldé.
Il faut savoir que la région avait enregistré 85 malades, répartis entre les districts de Goudiry et de Tambacounda. Goudiry a été la première localité où est apparu le virus le 2 avril dernier, au niveau du village de Kanehambé avec 63 personnes testées positives entre les villages de Kanehambé, Féténiébé et Déndouli Doka. Du côté de Tambacounda, 22 personnes avaient chopé le coronavirus. Le personnel sanitaire a payé le plus lourd tribut avec 15 agents infectés.
Cette situation avait poussé le ministère de la Santé à envoyer un personnel de secours à l’Hôpital régional, qui avait vu des agents du service des accueils d’urgence contrôlés positifs, pour assurer la continuité du service.

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