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Tous aux abris ! Le Parti socialiste est de retour au pouvoir. Du moins, le clan arrogant et intolérant, incarné jusqu’à la caricature par le taciturne et spécialiste de l’échec, Ousmane Tanor Dieng, se pavane à nouveau sous les lambris dorés du pouvoir. Par la grâce de l’incroyable prestidigitateur qui règne depuis 2012 au Sénégal.
En vérité, c’est moins Abdou Diouf et son bilan que les Sénégalais avaient sanctionné en 2000. Mais plutôt la horde enragée, l’arrogance à la bouche et la morgue en bandoulière qui avaient pris en otage à l’époque  Abdou Diouf et le Ps. Ce Ps-là, les Sénégalais n’en veulent plus. Ce Ps a un nom et un visage hideux : Ousmane Tanor Dieng. OTD, comme le fanfaronnait ostensiblement sa clique, malgré ses sourires forcés et crispés, est la rancune faite homme.
Non content d’avoir fait perdre le pouvoir aux Socialistes, et subi plusieurs revers électoraux personnels et à son parti, il a décidé de disloquer l’héritage de Senghor, de Caroline Faye, de André Guillabert, de Adja Arame Diène. Rien de moins ! C’est le projet de sa vie. Le projet phare de sa pitoyable carrière de politicien. Clap de fin !
OTD : un spécialiste reconnu de l’échec
En 1996, lors de l’inoubliable et incongru «congrès sans débats», c’est un Abdou Diouf totalement possédé (les «xons» diront la majorité de ceux qui connaissaient Diouf) par son ministre d’Etat chargé des services présidentiels qui abdique de ses éminentes responsabilités au sein du Ps face à son ténébreux et rancunier collaborateur. Déjà, pour  l’Etat, Diouf ne gérait presque plus rien depuis longtemps. Les fameux «Tanor Boy’s», comme on les appelait à l’époque, faisaient la pluie et le beau temps. Les Socialistes authentiques, désormais affublés de l’insultant vocable de «Barons», sont écartés sans ménagement de la haute direction du parti. Djibo Kâ et Moustapha, icônes et incontestables militants socialistes de conviction et de cœur, sont poussés hors du parti. Ousmane Tanor Dieng règne désormais sur le parti et l’Etat. Il coupe avec férocité et sans aucun état d’âme toutes les têtes bien faites qui pourraient ralentir ou entraver sa marche forcenée vers le fauteuil suprême. Abdou Diouf est en quasi pré-retraite et maintenu en vie dans sa cage dorée par le tout-puissant OTD. Sa feuille d’audience est famélique. Les courtisans et opportunistes de tous poils préfèrent faire la queue chez le nouveau maître. Ce dernier, en l’occurrence OTD, s’offre pratiquement tous les grands noms de la presse de l’époque. Il fait distribuer voitures et villas à tour de bras, à sa cour devenue subitement démesurée. Même la presse n’est pas épargnée. De grands noms du journalisme (presse écrite comme audiovisuelle) tombent dans son escarcelle. Pas besoin de citer des noms. Faites un tour à Sacré-Cœur, OTD leur y a offert de somptueuses villas. Pour acheter leur complaisance et parfois leurs plumes assassines pour dézinguer à l’époque Wade, Niasse, Djibo et tout ceux qui étaient droits dans leurs bottes contre cette dérive innommable. Les mouvements en faveur de OTD fleurissent partout. Suprême hérésie, même un président de l’Assemblée nationale de l’époque se fait appeler «Baye Fall» de Tanor. Il est la risée du Sénégal. Odia, le talentueux et inspiré dessinateur de l’hebdomadaire satirique Le Cafard Libéré, ne le rate plus dans les belles pages de ce fameux journal. Bref, OTD est surpuissant. Il fait la carrière de ses affidés et défait celle des récalcitrants.
Or donc, en dépit de son pouvoir quasi présidentiel, OTD n’a rien réussi. Sa réputation surfaite de grand commis de l’Etat, bâtie par ses thuriféraires, s’effondre comme un château de cartes à l’examen, même sommaire, de ses si «brillants» résultats. Jugez-en vous-mêmes :
le Ps, malgré son enracinement profond dans tous les terroirs, malgré les résultats plus qu’appréciables réalisés par Mamadou Lamine Loum pour rétablir les grands agrégats économiques de notre pays et la sympathie de la quasi-totalité des grands marabouts pour Diouf, Ousmane Tanor Dieng, le chef d’orchestre de la philharmonie socialiste, réussit la prouesse d’envoyer le Ps dans l’opposition et Diouf, définitivement à la retraite politique. Incroyable performance de OTD !
En 2012, le candidat de la coalition Benno siggil Senegaal, avec l’écrasante majorité des «assisards», avait de réelles chances de battre Wade et d’accéder au pouvoir. Moustapha Niasse, de par son autorité naturelle, son parcours politique, son expérience d’homme d’Etat et le poids de son parti à l’époque, était le candidat qui s’imposait naturellement pour cette coalition. Malgré la médiation d’éminentes personnalités, OTD a refusé toutes les offres faites à lui, dont le perchoir de l’Assemblée nationale en cas de victoire. On connaît la suite. Aujourd’hui, las de le trimballer dans ses valises aux quatre coins du monde, Macky Sall en fait le président d’un machin improbable. Chiche !
Conduisant personnellement la liste de sa fumeuse coalition lors des Locales dans le département de Mbour, il est défait par un quasi inconnu du sérail politique local ;
les scores calamiteux que le Ps réalise depuis 2002 avec OTD, seul maître à bord du navire socialiste, mettent à nu les limites criardes de l’homme de Nguéniène.
N’en jetons, plus ! OTD n’a manifestement pas l’étoffe d’un leader. Quelle tragédie personnelle ! Abdou Diouf s’est dramatiquement et lourdement trompé sur ce choix. Au grand malheur du Ps, des Socialistes authentiques et de Diouf lui-même.
Arrogance et intolérance
Aujourd’hui, convaincu que la majorité des Sénégalais lui ont tourné le dos du fait de son manque de charisme, de chaleur et de talent, il a mis en branle son funeste projet : disperser le Ps en mille morceaux. Ce militant par accident du Ps a décidé de se venger de ce parti dont le pouls profond et authentique n’a jamais battu à l’unisson avec le sien. Froidement. Métho­diquement, il a décidé de le saborder. Après moi, le déluge. Spécialiste de la terre brûlée, en parfaite intelligence avec son nouveau mentor et ami Macky Sall, OTD a décidé de barrer la route à Khalifa Sall. Ce dernier est aujourd’hui l’héritier légitime de Senghor, de Daouda Sow, Amadou Cissé Dia, André Guillabert, de Adja Arame Diène, etc. Il a été militant de la Jeunesse socialiste et a gravi tous les échelons du Ps avec abnégation et courage. A l’ombre des talentueux Djibo Kâ, Moustapha Kébé, Christian Valantin, etc.  OTD n’a cure de tout cela. Ce qui l’intéresse, c’est  sa sinécure, avec ses comparses et complices. Ils sont revenus au pouvoir par un trou de serrure, ils y resteront, quoi que cela puisse coûter au Ps. Comme gage de sa fidélité et de sa soumission totale, il offre en sacrifice à Macky, les militants authentiques que sont Bamba Fall, Bira Kane Ndiaye et leurs amis. Ces derniers, selon Tanor et le procureur du Roi, sont coupables de «tentative d’assassinat». Rien de moins. Incroyable. Ridicule. La vague de réprobation suscitée par cette action n’arrêtera pas OTD. Il ne reculera pas d’un iota. Il est le symbole de ce Ps arrogant, insupportable et intolérant que les Sénégalais avaient sèchement congédié. Sa traversée du désert ne l’aura pas fait changer.
Au contraire, son heure de gloire macabre… semble arriver.  Il va dévorer, que dis-je anéantir, sans pitié, ses camarades coupables de «tentative d’assassinat». Si vous avez bien lu, pour de banales échauffourées entre militants, on utilise l’appareil d’Etat pour mater, humilier, vilipender comme au bon vieux temps du Ps honni et banni en 2000 par les Sénégalais.
Alea jacta est. Le sang va gicler. Le sacrifice se fera au tribunal du «Roi», transformé pour l’occasion en place publique. Pour l’exemple. La foule convoyée et chauffée à blanc par les rabatteurs et chefs de meute de OTD,  en l’occurrence Serigne Mbaye Thiam, Wilane, Aminata Mbengue, Aïda Sow Diawara, le tonitruant Cheikh Seck, Mamoudou Wone, Mame Bounama Sall, sera de la partie. Quant aux «sages du Ps», ils sont tellement … sages qu’ils se sont bouchés les oreilles et les yeux. Ils attendent la fin de l’horrible spectacle pour sortir de leur incroyable torpeur. En vérité, ce sont de sages «tanoristes». Guère socialistes.
Tout est dit. Enfin, presque ! Non, il faut constater que le «socialisme senghorien» à visage humain est mort de sa belle mort. Le Ps est devenu un vulgaire parti «quotataire» de postes et de prébendes.
Les Sénégalais doivent rendre grâce à Dieu d’avoir échappé à Tanor. Parce que quand on n’est pas tolérant avec ses camarades, que dire de ses adversaires politiques ?
Fallou NDIAYE
Consultant en Communication
galass31@yahoo.fr

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