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Certains ont beau souhaiter l’intervention du Sénégal en Gambie pour faire partir Jam­meh, Tanor, lui, n’en fait pas partie. Pour lui, Dakar doit éviter d’agir unilatéralement. Le pré­sident du Hcct a ain­si loué la «fermeté» du gouvernement et la saisine de la Cedeao, de l’Union africaine et de l’Onu.

«Le Sénégal ne doit pas intervenir en Gambie de façon unilatérale.» C’est l’avis de Ousmane Tanor Dieng qui condamne le revirement de Yahya Jammeh qui ne reconnaît plus la victoire de Adama Barrow. Si le diplomate de fonction salue la fermeté de Dakar après cette volte-face du Président gambien sortant, il demande tout de même aux Sénégalais qui militent pour ce scénario de «faire preuve de raison et de tempérance». «Les choses ne se passent pas comme ça sur la scène internationale qui n’est pas une jungle. Il y a des procédures et des modalités, il faut un mandat du Conseil de sécurité pour pouvoir intervenir. Parce que les actions unilatérales n’ont jamais donné de bons résultats», a souligné le président du Haut conseil des collectivités territoriales en marge de sa visite à la famille de El Hadji Baro Ndiéguène de Thiès, samedi, à qui il a demandé de prier pour la paix dans le pays voisin du Sénégal. Le Socialiste reste persuadé qu’avec la pression de la communauté internationale, Jammeh «entendra raison» et estime que, de toute façon, il faut qu’une formule soit trouvée pour que l’enfant de Kanilai respecte le verdict des urnes.
Mais Tanor, qui avait déjà félicité son camarade de l’Inter­nationale socialiste Adama Barrow, ne semble pas trop surpris par l’attitude de l’occupant du State House. «Lorsque le Président Jammeh a reconnu la victoire de Adama Barrow, j’étais surpris et j’avais même dit que c’était trop beau pour être vrai. Mais enfin, je me suis dit peut-être qu’il a reçu les lumières de Dieu pour qu’il prenne cette position en reconnaissant sa défaite et en saluant le Président Barrow pour sa victoire, lui offrant même ses services pour travailler avec lui. Mais j’ai été, chaque fois pendant cette période-là, troublé par son silence. Qu’il se soit retiré dans son village natal Kanilai et qu’il ne dise rien, cela m’inquiétait ! J’avais même dit qu’il faut que la Cedeao, l’Union africaine et les Nations unies accompagnent la transition.»
nfniang@lequotidien.sn

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